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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

MON TEMOIGNAGE

24 Septembre 2011 , Rédigé par Patrick CLEMENT

Je souhaiterais faire de ce témoignage l’étendard de mes idées. Mettre par écrit une ligne directrice qui permette de surmonter, par sa globalité, les interprétations parcellaires qui ne manquent pas de s’immiscer dans le cadre d’un débat contradictoire, ce dernier conservant bien entendu son utilité pour rebattre les cartes de sa pensée. L’exposé pourra paraître abrupt mais, parce qu’il est condensé, il permettra je crois d’envelopper l’ensemble de cette démarche conceptuelle.

Tout d’abord, il me semble important de plaider pour les valeurs de la Politique, au sens large du terme, qui peut parfois rebuter certains, et notamment les plus jeunes, par l’image qui en est souvent donnée. Et pourtant, derrière ce paravent de l’engagement politique aux contours vagues se dissimulent des hommes et des femmes soucieux de vérité, d’engagement pour les autres et pour la société dans laquelle ils vivent, et pas seulement épris d’ambition personnelle comme certains le pensent trop souvent malheureusement. Derrière l’idéal politique transparaît l’essence d’une civilisation en devenir, en mouvement. Regarder loin devant, et parfois un peu dans le ciel effectivement, n’empêche pas de s’occuper au quotidien des questions qui rythment notre vie matérielle. Bien entendu, ces porteurs d’idéaux et ces représentants de la gestion quotidienne des affaires de la cité n’en sont pas moins comme chacun de nous, humains, et donc faillibles.

La tâche des politiques doit consister à agir en tenant compte du « temps long » et du « temps court ». Ainsi, par exemple, l’analyse géopolitique nous conduit à penser qu’un brassage des populations s’inscrit dans la logique de notre monde en évolution qui se globalise. Cependant, il n’en demeure pas moins que cette prise de conscience, pour le « temps long », doit influer sur les décisions politiques sans obérer cependant la réalité des équilibres inhérents à chaque société ou groupe humain, lesquels appellent des règles claires et du temps pour permettre une intégration réussie. Confondre ces deux rythmes, ces deux temporalités, conduit à s’exposer à un risque d’échec aux conséquences incalculables. Cette démonstration peut être reproduite dans de nombreux autres exemples. Sans caricaturer, mais cela permet de marquer les esprits, le fait de savoir que la durée de vie du soleil est limitée dans le temps (environ cinq milliards d’années semble-t-il) n’est pas de nature à précipiter des décisions en matière d’exploration de l’espace mais constitue néanmoins une motivation pour ne pas considérer que celle-ci soit à négliger dans l’ordre des priorités de développement de notre civilisation.

La Politique doit aussi être comprise, dans ce sens, en tant que déclinaison de l’architecture de notre vie pour progresser vers la recherche de la « Vérité ». Cette vérité qui s’apparente à une course éperdue vers l’infini, certainement, mais qui, néanmoins, justifie, jour après jour, vie après vie, civilisation après civilisation, de progresser dans la compréhension du monde, de notre univers, du ressort le plus intime de la Vie.

Alors, ce que nous voulons, ce à quoi nous aspirons, c’est l’organisation politique qui soit le mieux à même de répondre à cette attente, pourtant en apparence si lointaine et si confuse, mais qui doit animer chaque instant de notre vie, au plus profond de nous. C’est la quête par conséquent d’une société qui permette et revendique le progrès tout en s’attachant à s’assurer que chacun puisse vivre une vie digne, avec par conséquent un minimum de moyens matériels d’épanouissement, notion éminemment variable bien entendu et qui prête à discussion tout au long de l’histoire. Ces quelques principes fondamentaux, sûrement jugés naturels, méritent cependant d’être rappelés fortement pour structurer notre réflexion face aux multiples questions de société qui se posent en permanence à nous.

Il nous revient dans cet esprit d’inclure le fait religieux dans notre conception de la vie et dans notre vision de la politique. En effet, poser le postulat selon lequel l’Homme a besoin de se projeter au-delà de la mort, de la perspective de sa propre mort, est une évidence que nul ne peut nier. C’est cette relation à la mort qui fonde toute notre interrogation sur l’existence de Dieu ou d’une entité qui dépasse le cadre conceptuel de ce qui existe sur terre, accessible à notre vue en tout cas, ou à notre entendement. A chacun d’y apporter en principe sa propre réponse. Mais le monde ne datant pas d’hier, les offres d’interprétation du sens de la vie et de la dimension spirituelle de notre vie, sont multiples. Les religions sont nées de ce sentiment profond de recherche spirituelle de l’homme et, il faut bien le dire, de ce besoin de traverser les difficultés quotidiennes, matérielles ou sentimentales découlant notamment de la perte d’êtres chers. Et c’est là que le paradoxe naît ! A cette époque qui connaît un progrès scientifique extraordinaire, susceptible de nous faire voir mieux, et plus loin, les ressorts de la vie, de notre monde et de notre univers, l’interprétation religieuse de la vie qui nous est proposée confine désormais parfois à un repli vers un monde de croyances qui nous vient du passé et qui nous enferme au lieu d’ouvrir notre horizon. Sans revenir sur la naissance des religions, et en particulier le contexte dans lequel elles se sont développées, il serait temps de faire un constat et de dresser un bilan.

Mettant de côté les philosophies qui engagent vers une méditation personnelle et un accomplissement intérieur, arrêtons-nous sur les religions qui s’incarnent dans une vérité révélée. Respectons les croyances de chacun et, encore une fois, témoignons de notre proximité intellectuelle, voire spirituelle, avec tous ceux qui vivent une recherche du sens de la vie au delà de la mort, mais convenons que notre compréhension des expressions religieuses, grâce aux études notamment exégétiques engagées depuis longtemps maintenant, permettent d’entrevoir une réalité, une vérité du fait religieux, qui doit nous amener à des remises en cause.

Abraham, Moïse, Jésus et Mahomet, pour ne citer qu’eux, témoins vivants ou symboliques de ce cadre religieux, ont illustré au plus haut point cette dimension spirituelle de l’Homme qui est ancrée au fond de nous de manière extraordinairement puissante et incontrôlable. Mais pourquoi ne pas reconnaître aujourd’hui que, s’ils ont été inspirés dans leurs actes et dans leurs pensées, et si leur vie mérite que l’on en fasse un sujet de réflexion et de médiation, car ils ont constitué pour des générations des guides et un motif d’espoir et de réconfort, il nous revient aujourd’hui, humblement mais patiemment, de tracer le nouveau chemin de vérité qui s’offre à nous.

Dans cette perspective, comment imaginer alors que Dieu puisse demander aux uns et aux autres de manger ceci ou cela, de s’habiller comme ceci ou comme cela,... Dieu, si l’on s’en tient à cette appellation pour qualifier ce qui pourrait représenter la force spirituelle qui a pris ce nom, Dieu n’est pas un chef d’orchestre qui guide le moindre de nos gestes. S’il est là, il est au-delà de ces constructions religieuses créées certes à l’époque par intime conviction, mais qui viennent parasiter aujourd’hui la vraie compréhension de ce qui doit animer nos consciences pour éclairer notre vie.

Le besoin de comprendre, de croire, cumulé à la prise de parole d’hommes incontestablement enracinés dans une dimension spirituelle, a conduit à l’éclosion de telles religions, de doctrines religieuses d’ailleurs ensuite, qui ont effectivement joué leur rôle et ont ainsi permis d’espérer pour le plus grand nombre, et bien souvent les plus malheureux, ou pour ceux frappés par la souffrance, matérielle ou morale. Aujourd’hui, la meilleure connaissance des ressorts de ce fait religieux, en réalité de ces faits religieux, permet de proposer une orientation de vie, une interprétation de vie plus conforme à ce que nous pouvons comprendre de cet élan spirituel qui est en nous.

Evidemment, ce sera long, très long, pour faire entendre raison, ou faire émerger cette foi, cette croyance, pour ouvrir ce nouveau chemin qui se présente à nous. De multiples forces attachées aux courants religieux existants se lèveront. Plus essentiel, il importera surtout de veiller à ne pas détruire d’un coup le rempart de tant d’Hommes afin de ne pas les laisser face au néant. Bien plus fondamental, et loin de tout esprit syncrétique, il s’agira donc d’aller de l‘avant pour recomposer l’édifice spirituel et l’arrimer à cette nouvelle compréhension de la vie, grâce notamment au progrès scientifique, mais aussi, et peut-être surtout, à l’extension de ce progrès scientifique aux phénomènes qui nous ont longtemps déconcertés, et que nous avons qualifié de paranormaux. Phénomènes encore inexpliqués le plus souvent qui viendront pourtant, par leur exploration et leur interprétation, conforter notre compréhension des ressorts profonds de notre vie et du monde.

En effet, pour ceux qui croient effectivement que notre vie se prolonge d’une manière ou d’une autre, et pour ceux qui n’y croient pas d’ailleurs, il s’avère indispensable de nous immerger dans ce champ de connaissance. La voie de la réconciliation entre les sceptiques et les « croyants » ne viendra-t-elle pas d’ailleurs de cette révélation scientifique de la vérité qui permettra d’unir spiritualité et « raison ». Vaste ambition !

Faire évoluer les croyances religieuses demandera donc de la patience et beaucoup d’énergie. Il s’agira plus en fait de proposer et d’offrir à chacun la possibilité d’explorer et d’adopter ce nouveau champ de compréhension. Cela passera indéniablement par des débats contradictoires sur le fondement des religions, et certainement encore une fois par les avancées que l’Homme fera dans la découverte des lois physiques, au sens large du terme, de notre monde. La Politique devra dès lors prendre toute sa place dans cet engagement qui impactera nécessairement le modèle de société, de civilisation, qui en découlera et qu’il nous appartiendra de construire, tous ensemble. C’est à la Politique qu’il reviendra en définitive de poser la cadre du débat et de laisser la pensée éclore. Mais n’est-ce pas là le chemin toujours renouvelé de la recherche de la « Vérité » ?

 

 

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 06 février 2010

 

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Pour approfondir mon propos sur la quête de sens et de vérité dans notre vie, je souhaiterais revenir en quelques mots sur Jésus, dans le même esprit synthétique et direct qui peut par conséquent heurter certains… Le même exercice serait d’ailleurs possible pour Mahomet, lui aussi inspiré dans sa vie, bien que l’exégèse du Coran ait été moins poussée que celle de la Bible, en tout cas à ma connaissance. Les trajectoires sont proches néanmoins, tout en étant diverses bien entendu.

Ce que je me propose de mettre en relief, en l’occurrence,  c’est l’écart qui s’est créé entre l’Homme, Jésus, et le Jésus qui nous a été transmis ensuite par l’Eglise. Comprenons-nous bien, il ne s’agit pas de remettre en cause le rôle passé ou même actuel de l’Eglise, mais de prendre conscience de ce qui a conduit les premières communautés chrétiennes et les Pères de l’Eglise à codifier le message de Jésus et son interprétation, et à organiser progressivement le rassemblement des disciples et des sympathisants.

En premier lieu, le parcours de l’Homme, Jésus, doit être reconnu comme exemplaire, tout comme son message d’amour exprimé à l’aune d’un jugement final attendu qui incite les hommes à agir non pas tant en fonction de leur vie matérielle, ici-bas, qu’en fonction de l’espérance d’une vie future, projection de cette première vie. Ce schéma a tracé une ligne directrice pour des générations et donné corps à un ensemble de règles de vie dont nous sommes les héritiers. Mais ce qu’il convient de rappeler au-delà de cette réalité, partagée ou non, c’est l’idée selon laquelle Jésus était complètement imprégné par sa culture « biblique » juive et inscrivait ainsi sa mission dans le cadre des messages reçus par les prophètes (Isaïe bien entendu, mais aussi, dans un autre domaine, les psaumes,…).

Ainsi, progressivement, il s’est lui-même convaincu d’être le messie attendu et espéré. On ne peut comprendre ce cheminement sans se persuader de la réalité de ses qualités de thaumaturge et de sa profonde inspiration spirituelle qui dictait sa vie, ses paroles et ses actes. Sinon, il est clair que jamais il ne se serait exprimé comme il l’a fait. Et même si l’exactitude des paroles prononcées peut prêter à discussion, il n’en est pas moins incontestable que l’esprit de son message et la manière dont il percevait sa mission ont été correctement transmis.

De même, pour redonner « foi » à ses disciples qui l’avaient abandonné au moment de sa Passion, en tout cas pour la majorité d’entre eux, il a bien fallu qu’un événement intervienne. Est-on dans le registre des apparitions ? Est-on dans l’extension de la notion de résurrection, comprise non pas au sens symbolique du terme mais au sens littéral ? A chacun sa réponse, mais, pour ma part, je considère que l’on ne peut aller au-delà de ce registre, sans se prononcer par conséquent en faveur de la croyance en une résurrection proprement dite. Et cela, pour une raison simple, au delà des convictions de chacun, c’est que si Jésus était ressuscité et avait enseigné à ses disciples comme cela est rapporté, nous aurions bénéficié de manière bien plus complète et exhaustive de cet enseignement pour le coup totalement extraordinaire. Nul doute que les disciples auraient posé des questions précises à Jésus, comme ils en étaient coutumiers, pour comprendre comment Jésus avait surmonté l’épreuve de la mort, comment il était encore en vie avec eux, … Les paroles de Jésus auraient pris dans cette optique, elles aussi, un relief tout particulier, bien évidemment.

La volonté de placer Jésus au-delà de tout homme et de tout prophète, David compris en particulier, pour en faire l’égal de Dieu, a favorisé au fil des premières décennies la constitution de ces dogmes. Mais, il faut le répéter, sans un événement qui a effectivement permis de redonner espoir aux premiers disciples, une telle évolution n’aurait pas été possible à mon sens. On peut penser de même que les résurrections rapportées lors de la vie publique de Jésus relèvent de cette même volonté de mettre Jésus au dessus et au-delà de tous ses prédécesseurs.

En d’autres termes, la première Eglise a organisé la foi des chrétiens à partir d’une réalité, c'est-à-dire du destin d’un homme au parcours extraordinaire, qui méritait à lui seul notre ferveur : Jésus, le prophète, donnant sa propre vie pour l’idée qu’il se faisait de Dieu et de la vie qui devait être celle des hommes. L’église a ainsi construit une religion qui a permis l’éclosion de lieux de culte et a ainsi offert aux hommes un chemin d’espérance, là où les conditions matérielles de leur vie ne leur donnaient que peu d’espoir.

Je crois que, d’une manière plus générale, quels que soient les lieux de culte, pour toutes les religions, ils sont le reflet concret, tangible, de notre quête du sens de la vie au-delà de la mort. Ils devraient ainsi pouvoir accueillir, dans le futur, tous ceux d’entre nous qui partageons cette recherche. Bien entendu, dans cette période de transition qui s’ouvre à nous, il nous reviendra de conforter ceux qui ont donné leur vie pour le service de leur religion afin d’offrir à tous, membres ou non de cette religion, le lieu d’élévation des pensées vers la recherche de la Vérité. Le chemin sera long pour accepter et faire accepter cette vérité première, n’en doutons pas, mais il faudra persévérer dans cette voie. C’est le sens de la vie.

 

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 15 mai 2010

 

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