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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

MA VERITE SUR JESUS-CHRIST

24 Septembre 2011 , Rédigé par Patrick CLEMENT

Quel orgueil de vouloir énoncer sa propre vérité sur Jésus-Christ, en quelques mots de surcroît. C’est plutôt en pensant à mes enfants que j’entreprends de rédiger ce mémoire qui entend représenter la synthèse d’une réflexion engagée voici environ sept ans. Au-delà, il s’agit de faire le point sur près de cinquante ans de vie dont plus de quarante ont été un parcours de vie intérieure immergée dans un élan spirituel centré sur le sens de notre vie et de la vie. Vaste programme, toujours revisité !

Les propos qui vont suivre n’ont certainement pas vocation à choquer les croyants de religion chrétienne mais à donner un relief particulier aux réflexions d’un catholique par destination qui a toujours voulu remettre en jeu son bagage spirituel pour le confronter à son héritage intellectuel et culturel, que je qualifierais de cartésien pour simplifier. Que ceux-ci en tout cas veuillent bien me pardonner si leur système de pensée, de croyance, s’en trouve percuté.

L’ambition de ce document est fort modeste donc au regard du travail exceptionnel réalisé par les auteurs exégétiques de la Bible qui font preuve d’une érudition dont je me sens très éloigné. Ma contribution, plus personnelle, et libre de tout lien avec un examen scientifique des textes, vise à mettre à plat les pensées qui ont parsemé mes multiples lectures, mais en cherchant à me dégager d’elles. On pourrait parler de phénomène de décantation, si l’on préfère, dans un bilan inachevé…

Jésus-Christ, prophète inspiré et doté de dons personnels évidents qui lui ont conféré ce statut de thaumaturge auprès de ses contemporains, a vécu sa vie dans une fidélité pleine et entière à  l’Ancien Testament, pour reprendre une dénomination de ces textes tels qu’ils sont identifiés aujourd’hui par les chrétiens (la Torah pour la religion juive).

Jésus, juif, et pleinement juif, a vécu totalement sa foi juive. La lecture de ses paroles, et de ses paraboles, telles qu’elles nous sont rapportées par les Evangiles, montre à quel point son enseignement était inspiré par l’Ancien Testament, en particulier les prophètes et les psaumes. Son entourage était bien évidemment lui aussi majoritairement juif, et en premier lieu celui sur lequel sera « bâtie » l’Eglise, Pierre (*). Je crois fondamentalement que Jésus, homme de sa foi juive, s’est progressivement mué en Jésus, l’homme de la foi juive attendu comme messie. Pourquoi ? En raison de son parcours spirituel qui l’a placé en situation de se sentir prophète parmi les hommes. Et également par les dons manifestés en matière de guérison qui l’ont convaincu de n’être pas un homme comme les autres. Je ne rentrerai pas dans le détail de ce qu’il faut considérer comme relevant de la vérité historique ou de l’embellissement, du merveilleux.... Il me suffit de savoir que, nécessairement, Jésus s’était fait remarquer par ses qualités de guérisseur. Adossées à une exceptionnelle sagesse, ces qualités l’ont propulsé au rang de prophète. Et je crois que l’époque, le contexte, ont contribué à le faire s’interroger sur sa véritable mission, voire sa véritable nature.

Bouleversé par ce qu’il vivait, il est facile d’imaginer que petit à petit, et au regard de l’image que lui renvoyait les autres, et notamment les apôtres, ses disciples, il s’est mué de prophète en messie potentiel. A tel point donc que, fidèle aux textes et aux prophètes de l’Ancien Testament, il s’est senti être Celui qui était attendu. Imprégné par ce qui était écrit, il a endossé complètement le rôle de messie en vivant lui-même le sort qui était annoncé pour Celui qui viendrait sur terre comme tel, pensant sans doute d’ailleurs que l’accomplissement du Royaume des Cieux était imminent, en somme la fin de ce monde matériel ou l’avènement de la Cité de Dieu, idéale...

Pour comprendre cette métamorphose, encore une fois, il faut se plonger dans la psychologie d’un homme pleinement spirituel, et pourtant si humain, qui vivait en tant que sage et guérisseur des moments extraordinaires le faisant voir comme un être à part, hors du commun des mortels. Perturbé par cette image qui lui était renvoyée par les autres, et en quête de sens, d’explication de ce qu’il vivait, il s’était placé constamment en position d’interrogation de Dieu par la voie de la prière, en tête à tête, pour comprendre et avoir un signe afin de connaître le chemin à suivre.

Ce parcours, tel qu’il nous est connu, doit nous interpeller à lui seul car Jésus a véritablement vécu sa vie comme une mission au service de Dieu, pour les hommes et pour la Vérité. Il est mort pour cela, même s’il attendait peut-être une intervention divine ultime favorable... Quelles que soient les croyances des uns ou des autres, il me semble que cet engagement mérite notre profond respect et notre souvenir. La Croix en est un beau symbole, universel oserai-je dire, pouvant être adopté à ce titre !

La suite est selon moi le reflet de l’histoire des hommes telle qu’elle a été écrite par ses apôtres, par Paul, par les Pères de l’Eglise et les premiers chrétiens, eux-mêmes principalement juifs au tout début. Par fidélité à l’homme extraordinaire que fut Jésus, ses fidèles ont construit l’histoire que nous connaissons tous aujourd’hui. Son corps subtilisé, sans doute pour être préservé de ses adversaires, constitua le premier maillon de cette chaîne. La légende était en marche, elle ne sera pas démentie car elle « parlait » aux hommes de ce temps. En effet, l’époque s’y prêtait et favorisait par ailleurs de telles mises en scène acceptées dans l’inconscient populaire. Comment revenir en arrière dans ces conditions ! Mais son succès mérite cependant notre intérêt. Pourquoi tel prophète ou tel personnage mythique résiste au temps et pas tel autre, voilà un grand mystère de la sélection…

Il n’est en outre pas inenvisageable qu’une communication du défunt Jésus ait eue lieu avec ses disciples, mais c’est à chacun de se prononcer en fonction de ses propres croyances car j’ai bien conscience de bousculer le parti pris cartésien adopté jusqu’ici je crois (les preuves de ce genre de communication étant en tout cas encore considérées comme insuffisantes pour accéder au rang de vérité cartésienne). Cela aurait pu contribuer à mieux justifier le regain de foi de la part de ceux qui avaient bien vite abandonné Jésus dans l’adversité. Alors, réel ou imaginaire ? Cependant, la disparition du corps, telle qu’elle nous a été rapportée en tout cas, avait en elle-même constitué un choc considérable pour les proches de Jésus, et propice à toute extrapolation….

Pour mémoire, et sans rentrer dans un débat de spécialistes, nous pouvons tout de même rappeler que la source Q, source de textes considérés comme ayant été utilisés pour la rédaction des Evangiles, ne s’attarde pas sur la mort et la résurrection de Jésus. Tout comme d’ailleurs l’Evangile selon Thomas par exemple. Enfin, l’Evangile considéré comme étant le premier à avoir été écrit, l’Evangile selon Marc, est plus que bref sur la mort et la résurrection de Jésus, en toute fin d’ouvrage ; certains exégètes considèrent d’ailleurs que cette partie a été rajoutée plus tardivement.

On ne reviendra pas non plus sur l’importance qu’a pris Paul dans la construction de ce qui deviendra le christianisme, au sein des peuples païens, à un moment clé de leur développement et de leur conversion progressive à l’idée d’un Dieu unique. On ne reprendra pas non plus les arguments sur la puissance d’attraction d’une religion naissante qui donnait espoir aux plus faibles dans un monde où régnaient souvent l’injustice et la misère pour un grand nombre. On ne s’étendra pas non plus sur l’impact de la notion de bien et de mal évaluée au moment de la mort pour avoir droit au paradis ou à l’enfer, afin de faire peur aux « méchants » et donner espoir aux « malheureux ». On n’abordera pas non plus le rôle joué par les Pères de l’Eglise dans la codification de la vérité telle qu’elle devrait être désormais acceptée par tous les chrétiens. Enfin, c’est l’Empire romain, avec l’empereur Constantin au quatrième siècle, qui finalement donnera ses lettres de noblesse à cette religion qualifiée au départ de superstition et longtemps considérée comme une secte.

Et pourtant, Jésus n’est pas Dieu. Jésus n’est pas le fils unique de Dieu. Jésus est né d’une femme, comme tous les Hommes. Jésus n’a pas fait de miracles. Jésus n’a pas marché sur les eaux. Jésus n’a pas multiplié les pains. Jésus n’a ressuscité personne. Jésus n’est pas ressuscité… Celui qui raisonne mathématiquement dirais-je, doit effectivement se plier à l’idée selon laquelle si Jésus était vraiment ressuscité et avait eu des contacts avec ses disciples, nous aurions eu des développements bien plus longs et précis sur ces scènes et sur l’enseignement inévitablement alors « nouveau », extraordinaire, qui en serait résulté. Déjà, Celse avait eu cette intuition déductive au deuxième siècle et son hostilité aux chrétiens ne retire rien à la pertinence de certaines de ses analyses.

Toute cette construction est le fait des hommes et de leurs croyances, de ce à quoi ils ont voulu croire car ils avaient besoin de croire pour espérer, et vivre. La vie de Jésus et son enseignement seront ainsi entièrement revus à l’aune du passé pour prouver qu’il était bien celui qui était attendu de tout temps et qu’il était un vrai Dieu, sans quoi il n’aurait pas pu surpasser les dieux de l’époque. Là encore, il convient de rappeler que les exemples de miracles abondaient dans l’Ancien Testament (multiplication des pains et de l’huile, guérison de malades, résurrection de morts, déclenchement de la pluie, actions contre les famines, prédictions, …). L’homme a besoin en effet de croire que sa vie sert à quelque chose, que ses malheurs ne sont pas inutiles, que la bonne fortune d’autrui ne le garantit pas nécessairement d’une suite favorable après sa mort,…

Et malgré tout, mon message est de dire que l’on peut croire en Dieu, non pas le Dieu – Père personnalisé, mais une puissance spirituelle dont les contours nous échappent totalement. On peut aussi croire en la possibilité d’une vie après la mort et à des interrelations dans certaines conditions avec ceux qui sont passés dans l’autre monde, ou une autre dimension. On peut croire sans preuve scientifiquement reconnue comme telle. En attendant…

Mais comment gérer cette transition, cette mutation réelle – spirituelle, sans désarçonner ceux qui croient et en convainquant ceux qui ne croient pas ? A quand l’émergence de cette pensée universelle qui nous réunira tous. Il n’est pas interdit d’imaginer que le sol de planètes évoluant dans les lointaines constellations que nous observons de la terre sera un jour foulé par les hommes. Même s’il y a loin de la coupe aux lèvres, ne peut-on pas se projeter dans un avenir, pas trop éloigné tout de même…, qui nous verrait tous tourner vers une même vérité spirituelle, devenue désormais bien réelle et tangible. A quand des lieux de culte universels alors, pour que chacun puisse se recueillir face aux douleurs de la vie, et trouver le soutien afin de surmonter la mort de ses proches. Car nous devons bien reconnaître que chacun doit pouvoir être accompagné dans ces épreuves qui posent alors brutalement la question du sens de la vie et l’espoir d’une réponse, et cela depuis le début de l’histoire de l’humanité.

Nous pourrions soumettre de la même manière au tamis du détecteur de vérité, Abraham, Moïse, Mahomet, Bouddha,…, les résultats que nous obtiendrions seraient similaires à ce que nous osons avancer pour Jésus-Christ. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Je crois que nous devons être confiants, bien qu’ignorant aujourd’hui la vérité, car le champ des découvertes qui nous attendent est tout simplement immense. Et c’est sur cette note d’espoir que je voudrais terminer en traçant ce qui pour moi constitue le sens de la vie : poursuivre le chemin de la découverte de la vérité en explorant le monde, l’univers, la vie sous toutes ses formes. Nous ne savons pas mais nous vivons pour pouvoir un jour savoir ; principe de précaution qui doit assurer la préservation de l’avenir en quelque sorte. Que cette voie apparemment simple mais au fond si lumineuse soit empruntée par le plus grand nombre en permettant à chacun d’y être associé, quelle que soit sa place, pour qu’il ait conscience de participer à cette aventure et donner un sens à sa vie, à la Vie. C’est peut-être ainsi que la Raison s’unira à la dimension spirituelle dans une même vérité partagée.

 

Patrick CLEMENT

Boulogne, le samedi 20 novembre 2010

 

(*) Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates (2,1-2.7-14) : « Mais quand Pierre est venu à Antioche, je me suis opposé à lui ouvertement, parce qu’il était dans son tort. En effet, il prenait ses repas avec les frères d’origine païenne jusqu’au moment où arrivèrent de Jérusalem des amis de Jacques. Mais quand ils furent là, Pierre pris l’habitude de se retirer et de se tenir à l’écart, par peur de ses frères d’origine juive. Tous les autres frères juifs jouèrent la même comédie que lui, si bien que Barnabé lui-même s’y laissa entraîner. Mais alors, quand je vis que ceux-ci ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Evangile, je dis à Pierre devant tout le monde « Toi, tout juif que tu es, il t’arrive de suivre les coutumes des païens et non celles des juifs ; alors, pourquoi forces-tu les païens à faire comme les Juifs ? ». Inutile de rappeler que Paul, le bâtisseur de l’Eglise pour les païens, était lui-même juif.

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