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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

QUELQUES VERITES BONNES A DIRE !

10 Novembre 2017 , Rédigé par Patrick CLEMENT

Ci-dessous, le mail adressé au parti « LES REPUBLICAINS » (mail du 8 novembre 2017) :

« Bonjour,

Je viens de lire le rapport "REFONDATION DE LA DROITE ET DU CENTRE". Je ne vous cache pas que j'avais quelques inquiétudes quant au résultat (chat échaudé craint l'eau froide...), qui ont été levées progressivement en découvrant les constats et réflexions retranscrits dans ce rapport.

Avant de vous faire part de quelques remarques plus personnelles, je tenais à vous féliciter très sincèrement pour la qualité de ce travail. Vraiment !

N'ayant pas la prétention de faire une analyse de ce rapport, je vous livre mes réactions un peu en vrac.

En préambule, je dois dire que tout y est dans ce rapport. Mais la question est de savoir s'il sera bien lu par ceux qui le traduiront en acte. En d'autres termes, quels seront les éléments qui seront priorisés tant la richesse mais aussi la diversité des enseignements sont grandes.

Bernard ACOYER pointe du doigt le manque de réflexion approfondie de notre mouvement. Je comprends sa remarque tout en souhaitant la nuancer. Ainsi que cela est d’ailleurs souligné dans le rapport, l’élaboration du projet du candidat Fillon est saluée tant par sa méthode que pour son équilibre même si certains reproches lui sont faits par ailleurs. Pour revenir un peu dans le passé, le RPR et l’UDF ont su construire des plateformes remarquables dans les années 1980 et début 1990. Je ne vous cache pas être un nostalgique de la politique menée en 1986/1988. Les causes de l’échec de Jacques CHIRAC à l’élection présidentielle de 1988 ont été si mal analysées qu’elles ont porté le venin dans le corpus idéologique de la droite. J’enchaîne tout de suite sur la création de l’UMP qui visait effectivement à mettre un terme à l’affrontement entre le RPR et l’UDF mais qui a finalement conduit à « udéfiser » le RPR sans empêcher pour autant l’UDF canal historique de se reconstituer à travers l’UDI ou le MODEM. Cette disparition du socle populaire de l’UMP se faisant de l’autre côté au profit du Front National ou de Debout la France. Clairement, la refondation de la droite passera, comme cela est d’ailleurs évoqué dans le rapport par un équilibre à retrouver entre cette France de l’avant-garde économique (plus urbaine) et cette France enracinée dans des valeurs plus traditionnelles car dans une économie moins « TGV » (plus rurale donc pour une partie avec une partie populaire de la France urbaine moins capable de surfer sur l’économie « TGV » et soumise aux nouvelles populations qui lui ont été imposées sans que l’assimilation n’en ait été garantie).

J’ai peut être lu trop vite l’avant-propos rédigé par Nelly GARNIER mais je n’ai pas bien compris sa remarque sur la droite britannique qui a échoué à mettre en œuvre ses réformes. Mais peut-être n’ai-je pas bien compris en fait à quelle époque elle se référait car, même si des correctifs ont été apportés ensuite, la révolution THATCHER n’a été remise en cause ni par les travaillistes – vaccinés de leur marxisme des années 1970 – ni par les conservateurs qui lui ont succédé. La fin du rapport revient d’ailleurs - pour la saluer - sur la méthode récente des conservateurs pour élaborer leur programme de gouvernement.

Si tout est dit dans le rapport, tout n’est pas dit avec la même force cependant. Il faut vraiment insister sur le rôle de la presse dans la défaite de François FILLON (sans oublier l’origine de l’« affaire » dont certains indices concordants nous montrent du doigt l’Elysée…). Mais refuser de voir à quel point les médias ont sauté sur l’occasion pour influencer le résultat de l’élection serait une faute selon moi. Je conçois bien qu’il vous est difficile d’incriminer les médias pour différentes raisons évidentes. Mais restons lucides. L’impact fut considérable auprès du « grand public » qui reste sensible au discours véhiculé par les grands médias, télévisuels notamment (cela ne date pas d’aujourd’hui – relisez « C’était de Gaulle » d’Alain Peyrefitte !!!). Bien entendu, je n’oublie pas que si les écuries concurrentes de l’écurie FILLON aux primaires de la droite et du centre avaient été loyales, un front uni aurait peut-être permis de résister et de franchir l’obstacle (sachant qu’en étant plus offensif, d’autres candidats à la présidentielle auraient pu être mis sur la sellette, et même celui qui deviendra Président…). Cela dit, l’UMP a aussi de grandes déficiences en matière de communication. Ainsi, par exemple, comme cela a bien été démontré au Parc Floral de Paris, le renouvellement des candidats aux élections législatives était un point fondamental prouvant le dynamisme du parti. Et pourtant, même si la presse s’est fait un devoir de ne pas relayer cette évidence, la communication n’a pas été efficace sur ce point. En tout cas, le seul élément positif est de constater que, de fortement socialisante, la presse est devenue fortement macroniste (ce qui constitue tout de même une évolution sur l’échelle droite / gauche des valeurs… ; mais toujours prête à faire feu de tout bois contre la droite… car les vieux réflexes ont la peau dure ainsi que l’ancrage idéologique de base). En tout cas, oui, les primaires ouvertes sont à proscrire (quelle idée saugrenue de permettre à des électeurs de gauche de choisir le candidat de la droite !!!) et si celles-ci devaient être reconduites, sans doute faudrait-il effectivement comme vous le suggérez les organiser plus tôt bien qu’il soit difficile de se lancer dans un débat avec des programmes assez élaborés trop tôt avant les élections présidentielles, ce qui en plus aurait comme conséquence peut-être de saturer les français. Bref, si on pouvait se passer des primaires…

Enfin, votre idée de créer une Fondation, lieu d’un débat plus libre et plus ouvert me parait fondamental. J’en donnerai pour preuve l’incapacité que vous évoquez à parler de l’Islam… sans d’ailleurs aller au bout de votre logique. Effectivement, il est difficile pour un parti politique d’aborder une question touchant à la foi d’un certain nombre de nos compatriotes. Et, de plus, il est encore plus difficile de porter une appréciation sur cette religion alors même que dans notre démocratie, il est admis depuis longtemps de pouvoir porter un jugement sur la religion chrétienne par exemple, notamment à travers l’exégèse biblique (même si cela a fait tousser le clergé catholique en son temps…). Pour avoir lu le Coran, notamment, et lu des livres sur la vie de Mahomet, écrits par des auteurs dignes de crédit, je suis sidéré de constater que personne n’est capable de prendre position publiquement pour avoir un regard plus que critique sur cette religion (l’aveu d’Alain JUPPE de ne pas connaître le Coran et de s’en flatter m’a sidéré à un moment où cette religion pose débat et surtout où cette religion est le moteur des terroristes islamistes – tout homme d’Etat digne de ce nom doit s’intéresser à la question… en l’étudiant !!!). Je conçois que cela doive se faire dans le respect des musulmans qui croient en Dieu mais la liberté d’expression doit permettre d’ouvrir le champ du débat.  Je vous invite à lire des ouvrages sur le sujet. Si les musulmans lisaient eux-mêmes le Coran, dans son intégralité, je peux vous dire qu’ils se poseraient des questions eux-mêmes sur ces paroles censées avoir été dictées par Dieu… (évidemment, il faut avoir le courage de lire un texte plus que confus et répétitif !). Et s’ils lisaient la vie de Mahomet qui s’est traduite par les violences initiées par lui-même ainsi que par une vie dévoyée sur le plan des mœurs, peut-être auraient-ils une autre idée de cette religion (pendant combien de siècles les chrétiens n’ont-ils pas eu accès à la compréhension du texte de la bible écrite en latin…). Je sais bien que le sujet est délicat car, en tout état de cause, ouvrir les yeux des musulmans reviendrait à leur faire comprendre qu’ils font fausse route en pensant que leur croyance en Dieu est bien représentée par Mahomet. Mais que leur proposer en échange ? J’ai ma petite idée, exposée dans mon petit opuscule « Les Sens de la Vie » que je vous laisse découvrir sur mon site. En tout cas, revenir sur un tel débat permettrait de réaffirmer à quel point notre République, laïque, doit le rester, sans entorse aucune, dans la mesure où la foi relève véritablement d’une conviction intime (cela va de soi mais cela va mieux en le disant et le répétant…. ce que l’on oublie de faire depuis tant d’années). A tout le moins, il faudrait trouver le lieu de ce débat sans lequel on ne résoudra jamais, je dis bien jamais, la question de la religion musulmane en France et de manière générale en occident, voire dans le monde. Mais rassurez-vous, le rôle de la Fondation ne serait pas de ne traiter que de ce thème-là. Je voulais juste en profiter pour faire comprendre l’intérêt d’un tel organisme pour faire progresser la réflexion sur toute sorte de sujet afin que le parti puisse se forger ensuite un corpus idéologique solide, à traduire en plateforme politique de gouvernement. Tant de thèmes mériteraient une réflexion libre, y compris les thèmes les plus sensibles comme le harcèlement sexuel des femmes par exemple qui explose tout à coup dans l’actualité ayant été étouffé si longtemps car sans lieu de débat approprié peut-être, justement… ; des thèmes plus facilement abordables donc sous l’égide d’une Fondation, mais aussi des thèmes plus classiques bien entendu.

Si je peux me permettre une recommandation, je vous encouragerais à remettre à l’honneur la diffusion d’argumentaires thématiques, adaptés à l’actualité du moment, afin que tout adhérent, voire sympathisant car cela pourrait être mis sur le site, puisse avoir des arguments détaillés sur tel ou tel thème – en temps réel pour pouvoir convaincre dans son entourage. Cela avait été fait à un moment (de mémoire du temps de Jean-François COPE) et je vous avoue que c’était une demande de longue date de ma part, parfois formulée je le reconnais de manière un peu percutante en fustigeant l’inintérêt de dépenser de l’argent pour diffuser un magazine qui n’avait aucune valeur opérationnelle sauf celle de faire plaisir à quelques-uns…

Je sais que le politiquement correct a été bousculé au travers de certains de mes propos – notamment en ce qui concerne le débat sur l’Islam – mais votre travail méritait je pense que l’on vous fasse part de notre appréciation en toute franchise.

Bonne continuation. »

Voilà, c’est dit. Une bouteille à la mer sans doute… Mais sait-on jamais !

Je ferai deux observations complémentaires.

D’une part, il serait temps de faire un bilan de l’action de la Droite lorsqu’elle était au pouvoir, notamment depuis les présidences de Jacques CHIRAC et de Nicolas SARKOZY. Car je vous avoue en avoir assez de cette repentance sur laquelle surfent les journalistes et les commentateurs politiques mal intentionnés en renvoyant la Droite dans ses cordes car Emmanuel MACRON ferait ce que la Droite n’a pas fait. En premier lieu, cela revient à camoufler tout ce qu’a fait la Gauche de nuisible ces dernières décennies (sans aller jusqu’à dire que tout ce qu’elle a fait était nuisible bien entendu) et en second lieu, si je fais partie de ceux qui ont été critiques à l’endroit de ces deux présidents, on ne peut tout de même pas faire croire que rien de positif ou presque n’a été fait, notamment sur le plan économique. Un bilan équilibré serait donc le bienvenu.

Par ailleurs, l’opposition constructive que la Droite doit forger vise à permettre de construire les éléments de la plate-forme politique qui prendra forme aux prochaines échéances électorales. Mais il faut un peu l’organiser cette opposition. Ainsi, Philippe JUVIN, député européen « LES REPUBLICAINS », a développé une argumentation pertinente sur la révision de la directive régissant le détachement des travailleurs (l’histoire de cette révision est d’ailleurs disponible sur le site « touteleurope.eu ») montrant bien que le résultat obtenu est le fruit de dix-huit longs mois de négociation et pas seulement de l’intervention d’Emmanuel MACRON, même s’il ne s’agit pas de lui enlever les mérites de son engagement dans ce débat. Mais il aurait été logique pour une opposition bien organisée de moduler la propagande médiatique visant à en attribuer tout le mérite à notre Président de la République… Voilà un petit exemple de ce qu’il reste à faire pour construire une opposition argumentée.

Attendons de voir ce que fera le futur président du parti « LES REPUBLICAINS » pour œuvrer dans ce sens…

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 10 novembre 2017

 

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