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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

SARKOZY / HOLLANDE : COMBAT DE BOXE GAGNE AUX POINTS MAIS PEUT-ETRE PAS GAGNE POUR LE PUBLIC ?!

3 Mai 2012 , Rédigé par Patrick CLEMENT

 

Après un tel débat entre Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE, il vaut mieux livrer ses commentaires à chaud avant d’être « pollué » par les commentaires divers et variés, avisés sûrement, mais qui altèrent la pureté de votre première réaction. C’est ce que je me propose de faire ici.

Avant tout, un rappel : le débat d’hier s’est terminé un peu avant minuit ! Honnêtement, est-ce la meilleure façon de permettre aux français d’avoir de bonnes conditions pour se faire un jugement définitif éclairé. Non, c’est clair. Je me répète donc. Le changement, ce sera de proposer pour la prochaine élection présidentielle un mode plus adapté d’échanges contradictoires, sous la forme de deux ou trois débats, qui permette de mieux balayer l’ensemble des thèmes portés par un projet de quinquennat, avec une durée compatible avec la capacité d’attention de nos concitoyens en face de thèmes tout de même ardus pour la majorité d’entre eux. Dommage !

Ensuite, n’étant pas un spectateur habituel des combats de boxe mais ayant déjà eu l’occasion d’en regarder, surtout étant plus jeune, j’ai trouvé la comparaison intéressante. Elle a déjà été faite mais je la reprends volontiers à mon compte pour expliciter mon jugement. En effet, d’abord sur la forme, il est clair que l’on pouvait imaginer les deux débatteurs avec des gants de boxe… Surtout, je crois que Nicolas SARKOZY aurait bien été déclaré vainqueur aux points à l’issue du match, et non par KO (Knockout) comme il l’aurait sans doute espéré, mais je ne suis pas sûr du tout que le public aurait forcément suivi la décision des juges. Je m’explique.

Incontestablement, mais c’est plutôt une bonne nouvelle pour la qualité de notre système de sélection démocratique, François HOLLANDE s’est révélé être un adversaire coriace et a montré qu’il boxait, dans ce domaine-là – la compétition sur les programmes – dans la catégorie des poids lourds. Dont acte, et encore une fois tant mieux. Par contre, il me semble que Nicolas SARKOZY a gagné aux points au global, sur l’ensemble des rounds, même si certains d’entre eux ont été remportés à l’arraché et d’autres ont été plus incertains, voire mis plutôt en fin de compte au crédit du candidat HOLLANDE pour les piques qui ont effectivement désarçonné son adversaire. Chacun en pensera ce qu’il voudra mais, notamment sur le plan économique, je ne pense pas pouvoir être contredit. Quel dommage encore une fois que de nombreux thèmes n’aient pas été abordés. La vision de la construction de l’Europe, les enjeux dans le domaine international, les perspectives d’un futur développement équilibré pour faire face aux défis écologiques,… Bref, tous ces domaines pourtant tellement essentiels et qui relèveront très directement du champ d’intervention du futur Président de la République. Il eut été normal d’en savoir plus dans le cadre de ce débat. Nous pouvons bien entendu nous reporter aux déclarations écrites de l’un et de l’autre mais c’est la confrontation des deux hommes sur ces sujets éminemment sensibles qui nous aurait intéressés. N’y revenons pas…

Par contre, même si je peux paraître prétentieux ou subjectif en me rangeant ainsi dans le camp des juges et en extrapolant ce qu’aurait pu être leur décision, je ne suis pas sûr que le public dans la salle aurait suivi cette décision. C’est là que mes souvenirs de match de boxe reviennent : le public contestant parfois la décision finale des juges d’attribuer la victoire aux points à tel ou tel boxeur. Et l’image me va parfaitement bien ici. Le public, c’est vous, c’est moi. Et il faut se dire, au-delà de ses propres sentiments, dans la mesure du possible, lequel des deux boxeurs aurait remporté le combat aux yeux du public. Très honnêtement, les partisans de chaque boxeur auront pu trouver le match réussi pour leur héros respectif. Pas de KO et des coups portés par l’un et par l’autre qui ont fait mouche. Mais pour le reste, les autres, les indécis et les « moins partisans », difficile de se faire une opinion. A moins d’être particulièrement versé dans les questions économiques, pas facile de trancher. J’oserais encore une comparaison car je crois que Nicolas SARKOZY a marqué beaucoup plus de points dans ce domaine mais, tel un tonneau des Danaïdes, je me demande si les points accumulés ne disparaissaient pas une fois touchés le fond du tonneau. En d’autres termes, le public a-t-il bien pu mesurer la supériorité de tel argument ou de tel chiffre. Il a bien compris la différence d’interprétation mais a-t-il pu apprécier vraiment toute l’étendue du bien fondé de l’une par rapport à l’autre. Je ne suis pas sûr, et pour tout dire, je ne le crois pas.

Le candidat HOLLANDE a donc bien résisté. Je dis résister car, sur le papier, même s’il est en avance selon les sondages, il montait sur le ring avec un handicap très important : aucune expérience gouvernementale et, encore moins, évidemment, l’expérience présidentielle de son adversaire qui permet indiscutablement d’avoir une approche des problèmes plus avisée. Je ne sais pas quel sera le choix des français dimanche prochain mais, dans l’éventualité de sa victoire, il faudrait espérer que le combattant qui tient bien son rôle sur une scène de théâtre ait bien les qualités requises sur un vrai théâtre d’opération… On pourrait rajouter qu’il devra avoir une armure pour les coups extérieurs mais aussi pour les coups intérieurs afin de résister aux pressions de son camp qui ne manqueront pas de se manifester fortement, voire plus. « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge ! » (Voltaire).

En l’absence d’information sur le choix du candidat du Centre, François BAYROU, dont on a déjà dit qu’il pourrait laisser libre de leur propre choix les électeurs qui se sont portés sur son nom au premier tour, quitte à voter blanc pour sa part en rejetant l’un et l’autre candidat pour des raisons différentes, il me semble que c’est maintenant en leur âme et conscience, effectivement, comme l’a précisé Marine LE PEN, et pourquoi lui dénier la profondeur de ce propos, que le sort de la victoire va se jouer. J’ai toujours considéré que ce serait 50/50 au sens où, même si le score peut faire apparaître une différence plus nette aux points, finalement, les deux candidats sont bien à 50/50. La balance peut en effet pencher d’un côté ou de l’autre. Selon moi, elle pourrait vraiment pencher dans un sens ou dans l’autre en fonction de la réaction des électeurs qui peuvent faire crédit au président sortant d’une voiture « France » rendue clés en main, en état de marche après la tempête qu’elle vient de traverser, et malgré tout ce qui a pu être dit de sa présidence, ou bien avoir été convaincus par le camp de ceux qui ont critiqué point par point son bilan et présenté une alternative qui leur semblerait alors crédible. Ce sont des évidences. Sans doute, mais c’est ma conviction profonde : rien n’est joué !

Aux équipes de Nicolas SARKOZY de mettre toutes leurs forces dans la bataille pour reprendre les termes du débat d’hier soir qui peuvent permettre d’emporter l’adhésion des français, in extremis.

Au-delà du candidat HOLLANDE, et de son programme qui ne me semble pas pertinent, c’est le camp qu’il représente et les déviations qu’incarne ce camp selon moi, et que j’ai eu l’occasion de « dénoncer », qui m’incitent à confirmer mon choix, sans état d’âme, pour celui qui me semble le mieux armé pour affronter les épreuves qui nous attendent, le mieux armé et le mieux entouré pour cela.

A votre bon choix.

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 3 mai 2012

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