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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

NICOLAS SARKOZY SUR FRANCE 2 : CHAPEAU L’ARTISTE !

7 Mars 2012 , Rédigé par Patrick CLEMENT

 

C’est vrai, Nicolas SARKOZY fait partie des hommes qui ne laissent pas indifférents : clairement, on l’aime ou on ne l’aime pas. Mais on reste rarement sans opinion.

Et je n’échappe pas à la règle. Parfois un peu « beauf », parfois trop frimeur, parfois cabotin, parfois superficiel,… Je préfère de loin une élocution fluide, dont il use quand il le veut, à ses propos parfois hachés qui répondent j’imagine aux canons de la communication politique, tels que conçus par certains en tout cas. Je suis un français traditionnel et c’est vrai que Nicolas SARKOZY n’a pas l’image du dirigeant traditionnel rencontré dans les couloirs de l’Elysée ces dernières décennies.

Je me sens plus en phase avec un François FILLON ou un Alain JUPPE, ou un Michel ROCARD ou un François HOLLANDE. En votant pour Nicolas SARKOZY en 2007, c’est le discours politique et le volontarisme de l’homme qui m’avaient convaincu. Je ne peux pas dire que j’étais sous le charme comme je l’étais avec un Jacques CHIRAC par exemple, ce qui ne m’a pas empêché de m’engager derrière Edouard BALLADUR, moins charismatique mais au programme politique séduisant… (ah, quelle nostalgie lorsque je pense à l’action politique engagée par le gouvernement entre 1986 et 1988 !).

J’essaie toujours, même si c’est au prix d’un effort, de m’adapter à l’évolution de la société sauf lorsque cela dépasse les limites de ma capacité d’acceptation, voire de compréhension. Parfois, je me dis que, forcément, comme cela l’a été vis-à-vis de mes parents ou grands parents, mes enfants ou petits-enfants seront plus à l’aise que moi dans une société qui se dessine dans un cadre qu’ils auront toujours fréquenté, au contraire de moi qui… peut comparer avec un autre temps, le mien ! C’est le sens de l’histoire.

C’est un équilibre difficile lorsque l’on veut être honnête avec soi-même et lorsque l’on se fixe une exigence pour le type de société vers lequel on estime raisonnable de se diriger. Accepter le changement parce que, même si c’est une souffrance parfois vis-à-vis de son univers intellectuel et émotionnel, on sent bien que c’est le sens de la marche, ou bien refuser le changement parce que, non, décidément, non, ce n’est pas dans cette direction que l’on souhaite aller pour une société qui, si elle ne sera pas indéfiniment la sienne…, sera celle de ses enfants,et pour laquelle on est prêt à se battre.

J’essaie toujours de conserver cette grille d’analyse pour juger l’évolution de mon pays et celle du monde, à mon modeste niveau bien entendu.

Alors, voilà, j’attendais l’heure de vérité. Celle-ci est arrivée hier dans l'émission sur France 2, "Des paroles et des actes". Tout n’était pas parfait, bien entendu. Je n’aurais pas, par exemple, abordé le débat avec Laurent FABIUS de manière aussi incisive. Mais, finalement, lorsque l’on a été traité par la gauche comme Nicolas SARKOZY l’a été durant tout son quinquennat, cela doit laisser des traces et motiver un angle d’attaque plus personnalisé. Et finalement, sur le plan de l’impact politique auprès des français, c’était peut-être nécessaire pour bien souligner la ligne de fracture.

Nicolas SARKOZY a été bon sur la forme, comme il ne l’avait plus été depuis longtemps, en étant lui-même (enfin !), c'est-à-dire réactif et mordant vis-à-vis de journalistes dont certains ont du mal à dissimuler leurs convictions personnelles… mais, surtout, il a remis les pendules à l’heure comme on dit. Et je me suis dit qu’au fond, c’est vrai, les français sont difficiles à gouverner car tellement différents les uns des autres. Qu’il doit être difficile de les rassembler. Qu’il est difficile d’agir sans être critiqué, souvent en premier lieu par ceux qui n’agissent pas.

Et la différence m’est apparue évidente. La crédibilité m’est apparue forte. Le déçu que je suis, tenté par un vote avertissement / sanction en votant pour une droite nationale qui ne fait, selon moi, que tenir un discours certes musclé mais ancré dans la réalité et souvent objectif, ne peut pas se satisfaire d’une candidature qui manque d’envergure, et dont le programme économique me semble tellement approximatif. L’avenir nous dira qui avait raison en matière économique mais les arguments convaincants font aujourd’hui défaut. Et lorsque l’on propose un nouveau système, il faut que tout soit carré comme l’on dit. Ce n’est pas le cas même si je m’insurge toujours contre un certain nombre de constats réels. Cette Europe qui se construit sans nous par exemple. Comment accepter que de nouveaux pays rejoignent l’Europe sans l’accord des peuples alors que les citoyens de ces pays deviendront des citoyens européens et vont donc acquérir de nombreux droits, dont notamment celui de vivre dans mon pays qui deviendra alors quasiment le leur. J’estime avoir le droit de dire si je suis d’accord ou non. C’est la même chose pour les immigrés. A nous de choisir le seuil au-delà duquel on estime que l’on met en péril l’équilibre de notre pays. Et voir un candidat proposer que des étrangers puissent voter à des élections locales sans en passer par un référendum me semble pour le coup relever du passage en force le plus inacceptable. Ce qui ne m’empêcherait pas de réfléchir à la force de mon attachement à mon pays si, d’aventure, mes compatriotes optaient pour des choix qui iraient à l’encontre de l’avenir de la société que je souhaite pour mes enfants, notamment pour leur permettre de conserver l’accès à la vérité, véritable fil conducteur du progrès de notre civilisation.

Alors, voilà, Nicolas SARKOZY est, je crois, celui qui peut assurer cette alchimie dans une France déchirée par des opinions fortement contrastées. Et je regrette que la gauche n’engage pas cette révolution intellectuelle courageuse qui lui permettrait de construire un débat fructueux avec la droite, tout cela au plus grand bénéfice de notre pays. Car au fond, l’union fait la force, et la diversité des approches intellectuelles permet de dégager les solutions les plus intelligentes pour autant que l’on ne parte pas de rives trop opposées.

Je souhaiterais seulement que notre futur Président n’oublie pas demain la réalité vécue par nos concitoyens et qui fait la force du Front National ou du Front de gauche d’ailleurs. Et surtout, qu’il conserve un regard sur la direction dans laquelle doit aller notre pays en se demandant toujours si elle est conforme à l’ambition en termes de civilisation qu’il doit toujours avoir présente à l’esprit en tant que chef d’Etat.

Et surtout, surtout, conserver à la liberté d’expression un caractère sacré car seul le débat permet de progresser. Lorsque François FILLON interpelle les représentants des religions, comme je m’étais moi-même permis de le suggérer dans mon précédent article, sur la pertinence du maintien de rituels anciens, je crois qu’il est dans son droit car cette question impacte directement de nos jours notre conception de la société et notre mode de vie. Ainsi que je le rappelais dans ma proposition sur la mise en place d’un Comité national des cultes et de la laïcité, les sacrifices d’animaux dans la religion juive ont été supprimés, j’imagine, à la suite des débats qui ont dû avoir lieu à l’époque sur la pertinence de leur maintien. Rien ne doit être figé. Tout doit pouvoir faire l’objet d’un débat car notre monde est en mouvement. Le monde de demain ne sera pas le monde d’aujourd’hui. Idée simple qui doit pourtant guider notre conception du débat.

Je voterai donc pour Nicolas SARKOZY, sous réserve qu’il veuille bien entendre cette supplique et y donner une suite favorable dans l’exercice du pouvoir.

Je n’imagine pas, en effet, que les français puissent faire confiance à François HOLLANDE qui n’a pas su entraîner son parti et la gauche vers des lignes intellectuelles plus réalistes, comme ont su le faire d’ailleurs de nombreux partis de gauche européens.

Dommage pour lui mais tant mieux pour la France si sa défaite permettait cette mise à plat conceptuelle. Une autre chance sera peut-être donnée à François HOLLANDE d’ailleurs s’il sait s’atteler à cette tâche historique pour son parti et pour la France.

Vive la République et vive la France ; vive le Monde et vive la Vie.

 

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 7 mars 2012

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