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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

LIBERATION DE NOS JOURNALISTES

24 Septembre 2011 , Rédigé par Patrick CLEMENT

Beau moment de communion fraternelle en faveur de nos compatriotes libérés. L’unanimité est de mise !

Mais doit-on ne pas se poser les questions qui fâchent ? Et surtout, la presse. Le travail d’un journaliste est d’enquêter et de soupeser les arguments qui lui sont présentés. Lorsque je vois LE MONDE qui déclare « circulez, y a rien à voir, nos journalistes ont fait leur travail », on peut tout de même leur demander de s’appliquer à eux-mêmes l’exigence de rigueur qu’ils appliquent, on peut l’espérer en tout cas, lorsqu’ils explorent un sujet.

Soyons clairs. Bien entendu que le reportage sur des talibans en dehors d’un contexte encadré par l’armée française peut apporter une vision intéressante, et certainement différente. Tout le monde, je pense, peut en convenir. La question n’est pas là. Il s’agit de savoir si, en période de guerre, ce qui est le cas dans cette zone, les journalistes ne doivent pas respecter quelques règles, d’une part, pour se protéger, et d’autre part, pour éviter qu’ils ne deviennent une monnaie d’échanges.

Rappelons que nous ne sommes pas en présence de troupes qui se plieraient aux règles de la guerre conventionnelle, en respectant les traités s’appliquant en la matière, y compris évidemment aux journalistes. Cela mérite d’être pris en considération. Ensuite, les journalistes doivent-ils passer outre les consignes de prudence proférées par les militaires sans soupeser les risques encourus, encore une fois pour eux-mêmes, mais, compte tenu des expériences passées, pour leur pays au regard des enjeux qui résulteraient de leur enlèvement. S’ils passent outre, se sont-ils assurer d’avoir un reportage négocié avec des talibans qui accepteraient de jouer le jeu du reportage ? Je n’ai rien vu à ce sujet. Ont-ils bien été mandatés par leur chaîne pour prendre ce risque ? Des bruits ont couru selon lesquels ils seraient partis en fait en francs-tireurs. Est-ce exact ?

Voilà toute une série de questions qui méritent réponse, et d’autres encore certainement. Difficile dans ces conditions de prendre position et, en tout cas, impossible de le faire avec l’assurance du Monde qui adopte une posture de principe, ou, malheureusement, une posture dictée par l’envie d’attaquer les premières prises de position du gouvernement ou de l’armée qui ont condamné cette prise de risque. Mais ne peut-on pas comprendre ces derniers quand on fait la guerre dans un pays lointain, que l’on perd des hommes, des français, et que l’on doit en plus s’occuper de dégager des moyens financiers et humains, et prendre des risques, pour ce qui peut apparaître comme une prise de risque mal contrôlée et contredisant les règles de sécurité pourtant communiquées ?

Le débat mérite d’exister. C’est l’honneur de la presse que de savoir se pencher sur ses pratiques, sa déontologie, même, et surtout, quand les siens sont en cause. Sinon, quel crédit accorder à ses reportages sur d’autres sujets.

A bon entendeur, salut.

 

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 1er juillet 2011

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