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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

LES TOURNANTS DE LA CAMPAGNE POUR L’ELECTION PRESIDENTIELLE

29 Février 2012 , Rédigé par Patrick CLEMENT

 

Je le confirme. Vive le débat, vive la campagne. Nous avons la confirmation que ce moment privilégié permet de se faire une idée précise sur les candidats, au-delà des images convenues que nous en avions jusqu’alors. A la différence des médias américains qui sondent les cœurs et les reins des candidats potentiels car souvent ils se révèlent vraiment seulement à ce moment-là et il est important pour les électeurs de tout savoir sur eux, nous sommes dans un schéma différent dans lequel, sauf imprévu, le profil des candidats nous est bien connu, certains se mettant sur une pré-ligne de départ quand ce n’est pas une pré-pré-ligne de départ, un ou deux quinquennats plus tôt.

Mais c’est la campagne qui permet véritablement d’aller au-delà des étiquettes accrochées aux uns et aux autres.

Je l’ai déjà dit pour Marine LE PEN qui, avec son faux pas dans l’émission « Des paroles et des actes » sur France 2 la semaine dernière, en refusant le débat avec Jean-Luc MELANCHON, a commis une faute politique qui va peser lourd pour la suite car elle affaiblit aux yeux de l’opinion l’envergure qui doit être celle d’un candidat à l’élection présidentielle, et donc sa crédibilité. Cela vient d’ailleurs confirmer un trait de sa personnalité relevé précédemment lors de son « face à face » dans la même émission avec la journaliste Caroline FOUREST. Le débat politique nécessite force de caractère et habileté également. La consolidation de l’argumentaire en matière économique fait également cruellement défaut pour asseoir aux yeux des français cette fameuse légitimité afin de pouvoir prétendre devenir Président de la république.

Je le dis aujourd’hui pour François HOLLANDE qui a fauté lui aussi dans une émission politique, « Paroles de candidat », cette semaine sur TF1. Il nous a en effet expliqué que la politique n’était pas un feu d’artifice permanent et que sa stratégie consistait à expliquer ses 60 propositions pour que les français se fassent une opinion solide, ce qui en soit est une stratégie qui se défend très bien. Mais il s’est ensuite mis à improviser à tel point qu’il en a mélangé les salaires mensuels avec les salaires annuels. Après avoir annoncé qu’il taxerait les « patrons du CAC 40 » qui gagnaient plus de 1 million d’euros par mois, à hauteur de 75%, il a dû se reprendre ensuite pour corriger le tir et expliquer qu’il s’agissait du salaire annuel et non mensuel. Sans s’étendre sur le manque de compréhension des réalités économiques, qui ne s’arrêtent pas aux frontières de l’hexagone, je vois là un faux pas qui prouve le caractère idéologique des positions socialistes et témoigne de la fébrilité du candidat. Je le dis comme je le pense, François HOLLANDE est un homme sympathique et je suis persuadé que l’on doit passer une bonne soirée en sa compagnie, autour d’un bon plat. Mais il est toujours prisonnier de son carcan intellectuel (ou partisan, car il est peut-être lucide à propos de cet écueil) qu’il n’a pas voulu abattre, comme ses prédécesseurs ou ses désormais « coéquipiers », pour ouvrir la gauche aux réalités de ce monde. Quel gâchis, car c’est la France qui pâtira de ce faible niveau des débats.

Cela veut-il dire que l’affaire est gagnée pour le candidat - président sortant ? Non, pas encore, mais le tournant peut lui permettre de prendre l’avantage. Par contre, pour éviter d’être un président élu par défaut comme je le disais dans mon précédent article, je crois qu’il faut que lui aussi ouvre les yeux sur la réalité de notre monde et de la société dans laquelle nous vivons. Dernier exemple donné par l’actualité : j’applaudis des deux mains à la censure prononcée par le Conseil constitutionnel à l’encontre de la récente loi pénalisant notamment la négation du génocide arménien. Je ne reviens pas sur les raisons déjà évoquées face à cette atteinte fondamentale à la liberté d’expression mais cette affaire illustre parfaitement à mes yeux l’absence de prise de conscience de la dérive dans laquelle est entraînée notre pays. C’est vraiment symbolique du manque de force et de cohérence de notre corpus d’idées vis-à-vis de notre conception de la société dans laquelle nous voulons vivre.

Relevons la tête, marchons droit, comme nous y invite notre chant patriotique, « La Marseillaise » !

 

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 29 février 2012

 

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