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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

ARTICLES POLITIQUES REDIGES ENTRE 1995 ET 2000

24 Septembre 2011 , Rédigé par Patrick CLEMENT

 

ARTICLES REDIGES ENTRE 1995 ET 2000 :

 

- VERS LE SUCCES POUR L'EUROPE (1999)

 

- CONTRIBUTION PERSONNELLE AU PROJET DE CONVENTION NATIONALE DU RPR (1997)

 

- INTERVENTION PREPAREE POUR LA REUNION DU RPR AU THEATRE ANDRE MALRAUX A RUEIL MALMAISON (1997)

 

- L'HEURE DES VERITES (1996)

 

- GRAND ANGLE SUR LA REFORME DES ARMEES (1996)

 

- LE SENS DES RESPONSABILITES (1995)

 

 

 

   

VERS LE SUCCES POUR L’EUROPE

 

 

Comment en quelques lignes ébaucher la trame de ce qui pourrait être un discours de campagne ? Tout simplement en revenant aux fondamentaux, c’est-à-dire aux grandes idées qui doivent sous-tendre le discours politique aujourd’hui.

 

On le dit souvent et pourtant on ne le réalise pas assez, nous sommes en cette fin de siècle et en cette fin de millénaire à un moment de l’évolution de notre société qui doit nous obliger à nous replonger dans les racines de la pensée politique. Qu’est-ce que la politique ? Ne s’agit-il pas de proposer à l’Homme une vision de son avenir dans un cadre déterminé ? Ne faut-il pas parler de vérité, de progrès, de paix, de cohésion sociale ? S’engouffrer dans la logique du développement durable signifie sans doute que l’on souhaite donner un sens à notre vie.

 

Alors, oui, il faut se poser les questions qui intéressent les gens et s’écarter dans le discours, si ce n’est dans le programme qui en résultera, des considérations techniques abstraites, ou trop concrètes selon sa manière de voir les choses.

 

Parler d’Europe, c’est parler du monde, de la mondialisation qui nous envahit et qui remet en question tous nos schémas de pensée. Sommes-nous donc aveugles ? Les nouvelles technologies notamment de communication, comme l’indiquent un peu naïvement la pensée américaine au travers de Disney - a small, small world-, nous y entraînent tout droit.

 

Cherchons à comprendre ce que cela signifie. Ne nous trompons pas d’époque. Penser l’Europe comme un cadre rigide dans lequel nos Nations devraient se fondre, c’est oublier qu’aujourd’hui notre référent spatio-temporel, c’est bien le monde. Ne nous enfermons pas dans ce qui est devenu, déjà, un espace trop petit. Au contraire, imaginons plutôt quel pourrait être un espace européen pour que notre modèle de société, de civilisation peut-être, puisse être mis en avant.

 

Le développement économique, et la liberté qui doit prévaloir pour en être garant, ne peut se concevoir que dans une logique organisée pour s’assurer que l’homme en soit l’Alpha et l’Omega ; et au-delà, pour ceux qui voudront bien nous suivre sur ces pentes plus ardues, pour permettre à l’homme d’aller plus en avant dans la recherche de la Vérité.

 

Notre Europe, c’est notre manière de dire ce que nous sommes et ce que nous voulons être dans une société qui permette de répondre à ces aspirations. Cet espace géographique doit regrouper les peuples qui souhaitent converger ensemble vers ce but.

 

A partir de là, tout est dit… ou presque. L’espace que nous devons inventer est un lieu institutionnalisé de concertation et d’échange pour parvenir à ces fins. Il n’est en aucun cas une fin en soi qui assècherait cette réflexion première.

 

Vous l’avez compris, c’est vers la voie de la coopération que nous souhaitons nous diriger pour mettre en commun nos forces lorsque cela est nécessaire. Mais ne recherchons pas vainement la création d’une entité homogène en apparence, susceptible de rivaliser avec des puissances mondiales, et notamment la première d’entre elles, car nous y perdions nos forces et peut-être même notre âme.

 

Pensons mondialement pour construire un espace géopolitique qui ait un sens mais qui n’en deviendrait pas le sens final. L’individu se trouvera de plus en plus immergé dans une logique sans frontière, c’est inéluctable. Il nous faut donc réfléchir aux cadres successifs qui peuvent lui permettre de trouver son équilibre, sans se perdre.

 

Voilà ce qui pourrait constituer une vision moderne de l’Europe pour notre avenir immédiat, et plus lointain.

 

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 25 avril 1999

 

 

 

CONTRIBUTION PERSONNELLE AUPROJET DE

DOCUMENT PREPARATOIRE A LA CONVENTION NATIONALE DU RPR

 

 

Avons-nous vraiment conscience d'aborder en cette fin de siècle une période d'évolution inouïe pour l'homme et bien entendu jamais atteinte auparavant? Ce n'est d'ailleurs pas tant la fin de siècle qui est importante en soi, c'est assurément le progrès extraordinaire que nous avons connu au cours de ce siècle, dans tous les domaines en particulier scientifique, qui est à mettre en évidence. La révolution des communications par exemple a conduit inévitablement à un bouleversement radical des comportements et des modes de pensée dans une dynamique qui transcende les frontières.

 

Nous ne voyons plus une telle évidence qui a envahit notre quotidien. Pourtant, dans ce monde qui va de plus en plus vite et qui désoriente de plus en plus nos concitoyens, un besoin immense de sens, de repères, se fait sentir. Une envie bien sûr de mieux comprendre le sens de la vie que la science assouvit tout en la vivifiant par une quête du savoir continuellement repoussée dans ses limites et une soif de trouver un équilibre de vie dans un monde où chacun est appelé à construire son avenir avec, pour certains, des matériaux de plus en plus complexes et, pour d'autres, un sentiment de décrochage dangereux pour la cohésion sociale.

 

Tout cela pour en venir à la démarche qui doit inspirer tout projet politique me semble-t-il pour l'avenir. La France, compte tenu de son passé et de son ambition d'être un acteur fort sur le plan mondial, doit se ressaisir. La chute du communisme au niveau international est un événement qu'il convient de saluer à sa juste mesure mais, replacé dans une perspective historique, je crois que le communisme n'est que le fruit de l'incapacité de nos sociétés à donner du sens à la société et peut-être un idéal de vie propre à rassembler et à susciter une profonde adhésion. Aussi, méfions-nous d'un vide qui pourrait produire de nouveaux systèmes de pensée dont la mise en œuvre pourrait encore déboucher sur des catastrophes.

Il faut un sursaut. Face à une situation tout à fait nouvelle, l'idée fait son chemin que le clivage droite-gauche ne répond plus au désarroi des français. Ce clivage doit pourtant bien sûr être maintenu car la démocratie est à ce prix et l'idéalisme dangereux pour la paix civile.

 

Cependant, il est des moments dans la vie d'une Nation où l’intérêt du pays commande d'agir avec détermination et bon sens. C'est la voie que le général De Gaulle a su notamment nous montrer en 1940 et en 1958. Ayons de l'audace et engageons nous au travers d'un pacte républicain ambitieux, porteur d'un projet de société cohérent et pourquoi pas d'une conception de la civilisation que nous voulons voir s'affiner au XXIème siècle. Ce pacte républicain nous engagera pour plusieurs années. La condition de sa réussite dépend uniquement de la volonté que nous saurons impulser pour promouvoir une pensée forte, réfléchie et constructive. Le souci de vérité devant commander l’ensemble de nos réflexions et de nos actions.

 

Les trois axes de réflexion proposés pour le projet soumis à la convention nationale sont cohérents et fondent parfaitement les idées simples et fortes autour desquelles il nous faudra construire le programme de notre mouvement :

 

 

-          Restaurer l'ordre républicain :

 

L'école doit figurer en bonne place dans cette partie car c'est le cœur de toute action visant à redonner aux jeunes le sens des valeurs et je crois qu'il n'est pas rétrograde ou réactionnaire de parler ici d'une nécessaire renaissance du principe d'autorité sans lequel aucune société n'est viable.

 

Nous ne pourrons pas faire l'économie d'un débat serein et honnête sur l'université et sur la valeur des diplômes dont chacun sait que leur délivrance généreuse, certes sympathique dans un premier temps, conduit en fait a la remise en cause d'un des grands principes républicains, le mérite, et aboutit a des désillusions et des systèmes peu démocratiques de progression sociale.

 

Enfin, l'ordre républicain doit être impérativement rétabli sur tout le territoire avant qu'il ne soit trop tard. Cela passe par un respect des lois de notre pays assuré de manière plus énergique car c'est un gage de cohésion sociale. Quant à l'immigration clandestine et aux problèmes d'intégration rencontrés plus généralement sur notre territoire, le problème doit faire l'objet d'un plan de bataille implacable, respectueux bien sûr des individus. N'oublions pas que cette bombe à retardement expédiée à nos enfants pourrait nous valoir à tous des lendemains qui déchantent et l'accusation la plus grave portée par eux à notre encontre, celle de lâcheté.

 

 

-          Libérer l'économie française :

 

L'originalité des solutions doit guider notre réflexion mais effectivement l'examen attentif de ce qui est efficace dans les autres pays est un préalable indispensable avant toute proposition. La baisse des charges pour les entreprises est un paramètre à prendre en considération tout comme la souplesse au niveau de l'emploi car, sur un plan macro-économique, il ne sert à rien d'avoir une main d'œuvre protégée si la part de la population au chômage ne cesse de croître dans des proportions dramatiques avec pour perspective probable une poussée de violence.

 

Il convient aussi de prendre à bras le corps le débat sur l'Europe qui n'en est pas un aujourd'hui. Commençons par donner une définition de ce que nous entendons par Europe sur le plan géographique et sur le plan de l'objectif précis du projet européen. Tout le monde fait semblant de croire que c'est un fait acquis et pourtant l'essentiel n'est pas dit. A qui fera-t-on croire que l'on peut constituer un ensemble de 25 pays comme un groupement d'une dizaine de pays. L'extension non réfléchie est synonyme sans aucun doute possible de la fin de l'idée européenne et peut certainement devenir une pomme de discorde dont la paix pourrait bien être l'enjeu.

 

 

-          Maîtriser la mondialisation pour mieux perpétuer la France :

 

Les enjeux de cette mondialisation sont plus importants que tout ce que l'on imagine habituellement puisque nous avons effectivement à faire face à une évolution qui porte en germe la fin des Nations au sens classique du terme. Qu'est-ce qui est inéluctable? Quelle place les Nations occuperont-elles dans cette nouvelle configuration géopolitique? Il est en effet plus que temps de définir une stratégie claire et réaliste sur ce thème pour pouvoir rallier tous les pays qui souhaitent participer au concert des Nations sans perdre leur âme.

 

La méthode proposée pour élaborer ce pacte républicain doit permettre de donner toute sa place à la discussion sans aboutir à une émasculation du projet proposé. Une fois adopté démocratiquement, le vote favorable des français sur ce projet à l'occasion d'élections nationales vaudra acceptation de sa mise en œuvre dans les meilleurs délais.

 

 

 

Patrick CLEMENT 

Boulogne, le 25 août 1997

 

 

 

 

 

 

INTERVENTION PREPAREE POUR LA REUNION DU RPR

AU THEATRE ANDRE MALRAUX A RUEIL-MALMAISON

 

 

M. PASQUA a souhaité faire intervenir les militants ce soir. Alors, d'abord, un grand merci, Monsieur le Ministre, de la part de l'armée des ombres. Mais je sollicite une faveur, c'est votre indulgence, car je ne suis pas un habitué des estrades et des tribunes.

 

Pour commencer, je souhaiterais juste dire un mot sur le terme de militant car je crois qu'il faut remettre les pendules à l'heure! Un militant fait du travail de terrain, bien sûr, mais ce n'est pas pour autant qu'il s'abstient de réfléchir. Venir le chercher pour une campagne électorale et oublier de l'écouter quand il parle de ce qu'il voit, de ce qu'il entend, de ce qu'il sait, voilà une erreur qui peut être fatale. Pour l'avenir, assurons au militant la place qui doit être la sienne pour contribuer à forger et à adapter le projet politique de notre mouvement. Les militants sont un panel représentatif de notre électorat, ne l'oublions jamais! C'est cela la participation et la participation est bien la règle d'or qui doit tous nous rassembler.

 

Ensuite, j'aimerais faire une remarque sur l'être et le tout. Rassurez-vous, après vous avoir dit qu'un militant pensait, je ne vais pas m'égarer ce soir dans une pensée philosophique hermétique. Simplement, je crois que chacun doit avoir conscience que son opinion compte. Au regard de l'ensemble de la société, un avis personnel parait toujours un peu dérisoire et pourtant c'est une réalité incontournable dans une démocratie. La société est bien la somme de chacun des individus qui la compose. Cette réflexion vous est d'ailleurs peut-être parue évidente lorsque, au moment des élections, vous vous entendiez parfois répondre: « Oh, ma voix ne compte pas de toute façon, qu'est-ce que cela peut bien changer? ». Erreur, toute voix compte! Et, par conséquent, chacun doit agir autour de soi quotidiennement, et je dirais même naturellement, pour faire passer ses idées. Il me semble que ce combat quotidien avait perdu de sa flamme ces derniers temps.

 

Considérons désormais que l'élan des militants est proportionnel à celui de nos électeurs sans quoi la refondation serait vaine. Enfin, pour terminer et pour jouer un peu les provocateurs, je suis persuadé que nous devons retrouver la foi. La foi, mais oui, en un projet de société qui inspire véritablement notre action. En effet, nous ne pouvons défendre des mesures concrètes que si nous savons les mettre en perspective avec des idées fortes qui nous animent et même plus, qui sont l'essence de notre raison de vivre.

 

J’en profite pour lancer un appel solennel à nos dirigeants afin que ce soit bien là l'objet de la refondation du RPR. Le gaullisme, c'est DE GAULLE évidemment, mais c'est aussi ANDRE MALRAUX qui savait si bien transcender les foules pour leur faire voir au-delà de leur quotidien les cimes de l’éternel. Pour revenir sur terre, il nous faut redéfinir un projet économique et social qui nous permette de donner un cadre à notre vie mais aussi, et surtout peut-être, un idéal de société vers lequel il nous faut tendre pour encourager tous ceux qui n'auront pas la chance d'accumuler les richesses matérielles tout en rappelant aux privilégiés que le bonheur ne se résume pas à ces richesses. La gauche n'a pas le monopole du cœur, elle n'a pas non plus celui des idées pour bâtir notre avenir. La droite elle aussi sait s'enflammer pour de justes causes.

 

Quant au débat de ce soir, je dirais que nous devons nous atteler à un exercice d'explication pédagogique de l'économie pour permettre de faire comprendre ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. Le gaullisme, c'est le sens de l'Etat et de l'intérêt général mais c'est aussi la consécration de l'initiative pour que les trois étendards que sont la liberté, l'égalité et la fraternité flottent de toute leur grandeur dans le ciel de notre pays. Un journal étranger faisait état du manque d'éducation de notre peuple qui avait ainsi pu se laisser influencer par le miroir aux alouettes socialiste. Eh bien, puisque le monde entier ricane, il nous reste à rassembler notre orgueil. La France n'est plus au siècle des lumières mais elle n'est pas tombée dans l'obscurantisme. Redonnons-lui son éclat, et sans prétention excessive, inventons la société de demain autrement qu'à travers des chiffres et des courbes, mais en fixant notre regard au loin vers ce que nous pensons être l'avenir de l'humanité. Retrouvons donc le sens de la vie! C'est à partir de grands et nobles idéaux que se construit le quotidien. L'harmonie de l'un et de l'autre est seule gage de réussite.

 

 

Patrick CLEMENT 

Boulogne, le 12 juin 1997

 

 

 

 

 

L'HEURE DES VERITES

 

 

Il est des vérités qui ne sont pas bonnes à dire mais on n'échappe pas à la vérité des faits. Pourtant la politique se sert souvent de la vérité pour en faire un usage intéressé. Mais sans tordre le coup à la politique car elle est par nature le fait des hommes, il est un enseignement laissé par le Général De Gaulle qui fonde l'esprit gaullien. Ce message simple s'appuie sur une ambition légitime de conserver à la France la grandeur qui lui revient. Pour cela, deux mots d'ordre sont à inscrire en lettres d'or: pragmatisme et détermination.

 

Aujourd'hui, il faut se méfier de notre tendance à vouloir travestir la réalité pour, au contraire, chercher à relever les défis qui nous attendent en toute connaissance de cause.

 

 

1 - Voir la vérité en face

 

- La vérité, rien que la vérité, toute la vérité :

 

Le concept de la relativité de toute idée a contribué à forger notre capacité à débattre mais il nous faut conserver notre volonté de prendre des décisions face aux problèmes de notre société. Il nous faut donc choisir sans pour autant être sûr de retenir la bonne solution. Plusieurs écueils sont alors à éviter.

 

·         Le contexte médiatique est incontestablement le premier d'entre eux tant il est vrai que les yeux sont en permanence rivés sur la bonne parole délivrée par les journalistes. La liberté de la presse est essentielle mais ne poussons pas la naïveté jusqu'au point de croire que celle-ci s'exerce de manière libre et objective. Ce serait aussi inconscient que de croire en la toute puissance du marché pour gérer l'ordre de notre société. Où en sommes-nous et que faisons-nous pour équilibrer un système médiatique qui tend à vivre sur lui-même et à s'appauvrir dans la faiblesse de la diversité des opinions et des analyses?

 

·         Les sondages peuvent être rangés dans la catégorie des accessoires qui sont sortis de l'armoire dans laquelle on les avait rangés. Utiles, ils le sont certes comme tout élément d'appréciation de l'état de l'opinion, mais ils n'ont pas plus de valeur qu'un électrocardiogramme pour se prémunir d'un arrêt cardiaque. Sachant la volatilité de l'opinion publique, l'horizon ne peut se limiter à ces courbes tout comme, pour les jeunes, la culture et l'intelligence ne se résument pas aux mathématiques, aussi respectables soient-elles.

 

- La prise de conscience d'une certaine fébrilité des français :

 

Les français sont désarçonnés dans un monde où tout bouge plus vite que la musique c'est à dire à un rythme qui ne respecte plus la mélodie du progrès.

 

·         Sentiment de désillusion face à une crise qui met en évidence l'indécision des gouvernants par rapport aux remèdes à appliquer. Tout est dit et son contraire. Un jour, les français n'épargnent pas assez, le lendemain, il faut dépenser à tout prix. Quels que soient les exemples qui s'accumulent en dépit de la bonne foi des uns et des autres, le doute s'installe sur son propre avenir et les reflexes d'auto protection se développent.

 

·      La classe moyenne se sent sous les feux de la rampe tant il est vrai que la loi des grands nombres semble s'imposer a tous comme un précepte incontournable." Il suffit de ... et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes". Las, les problèmes demeurent et la classe moyenne se fragilise petit à petit. Où ira-t-on chercher l'argent quand elle se sera définitivement effritée? La solidarité, oui, l'étouffement, non.

 

Quand le feu couve, l'explosion n'est pas loin et nos beaux penseurs jureront leurs grands dieux qu'ils n'y sont pour rien quand le vent de la révolte se lèvera. « Enfin, mesdames et messieurs, qui pouvait deviner à la fin des années 30 que le vent mauvais soufflerait en Allemagne? ». Il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

 

L'heure des vérités est arrivée même si elles ne font pas toujours plaisir aux gouvernants qui se sont succédé au chevet du malade.

 

 

2 - Pragmatisme et détermination au pouvoir

 

Si l'on accepte de voir la vérité en face, alors une évidence s'impose d'elle même, il va falloir agir avec pragmatisme et détermination car les problèmes, comme les mauvaises herbes, se sont multipliés.

 

- A l'écoute de ceux qui ne craignent pas de dire la vérité :

 

·         Les choses bougent, les langues se délient. Dans le confort même relatif de ceux qui nous gouvernent se trouve une bonne partie de nos maux. Aller à la rencontre de ceux qui vivent des situations tendues avec la ferme volonté de comprendre, à l'abri des vœux pieux et des bonnes paroles, a été une démarche rare et en tout cas souvent peu suivie d'effet. « Enterrer un problème est simple, il suffit de nommer une commission ... ». Pure folie! La réalité des faits a la peau dure et finit toujours par nous rattraper. Il n'est pas très courageux de se dire que les successeurs pourront résoudre les problèmes. Etat d'esprit pourtant fréquent par le passé. Aujourd'hui, des hommes et des femmes qui vivent les problèmes au quotidien ou acceptent de les voir tels qu'ils sont lèvent la tête. Ecoutons-les car c'est un phénomène aussi important que ce qui nous a été présenté comme la révolte des petits juges.

 

·         Les partisans du parler vrai. Les exemples se sont succédé récemment pour nous montrer que rien n'était perdu.

Les députés Gérard LEONARD (RPR) et Charles de COURSON (UDF) ont rendu leurs conclusions à l'issue d'une mission parlementaire sur les fraudes et les pratiques abusives. De même, Suzanne SAUVAIGO (RPR) et Jean-Pierre Philibert (UDF) ont rendu un rapport courageux sur la lutte contre l'immigration clandestine. Enfin, le pré-rapport de la commission FAUROUX marque une véritable étape dans la manière de penser l’évolution du système scolaire.

La vérité crue a provoqué les déchainements de notre système médiatique dont les porte-paroles n'ont pas à subir gravement les conséquences des situations décrites. Il est certain que les français jugeront la majorité sur sa capacité à traduire dans les faits les reformes qui s'imposent. L'avenir nous dira si le remède aura pu venir à terme du mal.

 

- A la recherche d'une voie qui permette à la France de s'en sortir

 

Crise économique mais aussi crise de société, cette fin de siècle voit la remise en cause de nos références, de nos réflexes idéologiques, économiques et sociaux. Elle nous oblige notamment à repenser la place du travail dans nos sociétés face à un outil productif de moins en moins demandeur en ressources humaines. Philosophes, hommes politiques, économistes, sociologues, ... sont sollicités pour proposer des solutions à ce défi structurel. Anticiper et redonner à l'homme la place qui lui revient doivent guider notre action.

 

·         Anticiper veut dire mettre en place les outils qui nous permettront d'organiser la société. Les collectivités locales le font à l'aide de leurs schémas directeurs et c'est bien entendu une pratique indispensable dans le privé. Il n'est pas question de sacraliser le Plan mais il faut surmonter les critiques adressées à son encontre et faire la part des choses car il revient à l'homme politique de prévoir et d'anticiper pour bien gouverner. Il nous faut donc reprendre notre bâton de pèlerin pour partir à l'assaut de l'avenir avec tous les moyens modernes que cette croisade nécessite.

 

·         L'initiative personnelle doit être remise au goût du jour en supprimant toutes les contraintes qui pèsent actuellement sur elle. Sur un plan institutionnel, il est clair que l'aménagement du territoire conditionne l'avenir de notre pays car lui seul permettra à l'homme de contribuer personnellement à créer un cadre de vie harmonieux et dynamique. Le progrès technologique justifie aujourd'hui pleinement cette conviction.

 

L'avenir devrait être d'autant moins incertain que l'homme est désormais censé le construire de plus en plus lui-même. Pourtant les défis sont immenses et seuls le bon sens et le courage permettront de naviguer sereinement dans cet univers en plein expansion.

 

PROPOSITION :

 

Intervenir en faveur de la création d'un Ministère délégué auprès du Premier Ministre regroupant l'Aménagement du territoire (incluant le thème corollaire de l'aménagement du temps de travail) et la Prospective (française, européenne et internationale) prenant appui sur différents organismes tels que, notamment, le Commissariat au Plan, la Datar, ...

 

 

Patrick CLEMENT 

Boulogne, le 24 mai 1996

 

 

 

 

 

GRAND ANGLE SUR LA REFORME DE L'ARMEE

 

 

La réforme du service militaire est engagée ! Elle correspond tout d'abord à une ambition légitime du chef de l’Etat qui ne manque pas une occasion d'imprimer son style sur les grandes questions relatives à l'organisation de notre société. Cette réforme répond ensuite à une nécessité car personne ne peut nier le fait que les inadaptations du système actuel se faisaient chaque jour de plus en plus criantes. Incapacité de fait à envoyer sur un terrain d'opération extérieur des forces en nombre suffisant. La guerre du Golfe en est l'exemple le plus frappant. Modification du contexte géopolitique qui rend la guerre classique et généralisée plus improbable (compte tenu notamment de notre force de dissuasion nucléaire) mais qui génère de nouvelles formes de menace nécessitant la mise sur pied de forces d'interventions capables de se projeter efficacement en tout point du globe. Difficultés budgétaires enfin conduisant à jouer en permanence avec les nerfs des responsables militaires craignant à tout moment de voir leurs effectifs ou leurs équipements réduits.

 

Face à ce constat et au projet de réforme annoncé visant à constituer une armée de métier et à supprimer la conscription dans sa forme actuelle, le simple citoyen que je suis se pose la question de savoir si le problème sera abordé sereinement avec une approche globale. Mes souvenirs du référendum sur les accords de Maastricht sont encore frais et comme le dicton populaire l'indique très bien :" Chat échaudé craint l'eau froide". Le vrai débat de l'époque sur le fondement de l'Europe et les objectifs premiers que l'on se propose d'atteindre par cette construction s'était vite englué dans un débat technique et obscur pour les français et s'était bien rapidement limité à une simplification manichéenne qui caractérise malheureusement trop souvent notre société. L'équation " Pour ou contre Maastricht " se résumant ainsi à la question réductrice " Pour ou contre l'Europe ".

 

Aujourd'hui, aborder la réforme de l'armée, c'est poser la question de l'adaptation de notre Défense sur un plan militaire et sur un plan économique, et je ne doute pas que les positions des uns et des autres se feront entendre clairement sur ces points. Mais il faut aussi penser aux effets induits d'une telle réforme. Depuis plusieurs années en effet, on constate effectivement un travail législatif important et de qualité mais qui n'est cependant pas à l'abri de temps en temps d'un manque d'examen complet des conséquences indirectes que peut entraîner l'application d'une nouvelle loi et qui traduit parfois, me semble-t-il, un manque de mise en perspective avec un projet global et prospectif de la société.

 

Or, nous voyons déjà que la question fondamentale posée par la prise en compte du départ de régiments de certaines villes demandera un effort d'adaptation et d'imagination sans précédent en matière d'aménagement du territoire, sujet particulièrement sensible pour l'avenir de notre pays. De plus, je crois nécessaire de dépasser le strict cadre des enjeux économiques et militaires pour penser à la fonction de brassage social et d'intégration que jouait le service militaire même si, il faut bien le reconnaître, de nombreux défauts méritaient d'être corrigés. A ce propos, il est important de dire que l'idée de Nation a disparu du vocabulaire des enfants et tendra à en disparaître de plus en plus chez les générations futures. Pourtant, consacrer une petite partie de sa vie en vue de se préparer à toute éventualité de menace contre la Nation mérite que l'on prenne le temps d'une explication, et ce d'autant plus que nous sommes rentrés depuis deux décennies dans une zone de fortes turbulences économiques. Bien qu'étant d'une famille de militaires, je reconnais bien volontiers avoir mal appréhendé cette dimension en son temps.

 

En définitive, je comprends que l’évolution soit nécessaire et le débat doit permettre de préciser l’esprit et les contours de la réforme. Simplement, n’oublions pas un certain nombre de principes sur lesquels est bâtie notre République car ces principes sont les garants de notre cohésion et, disons le, de notre démocratie. Nous risquerions d’en prendre conscience à nos dépens dans plusieurs années. Encore une fois, le ciment de cette cohésion peut revêtir différentes formes à l’heure de l’Europe et de l’émergence d’un sentiment d’appartenance à une communauté internationale du fait notamment des moyens modernes de communication de notre société. Mais rappelons-nous toujours que les mécanismes de la société humaine reposent sur quelques éléments forts et constants. L’équilibre, la paix, la cohésion sociale et le progrès impliquent une vigilance de tous les instants.

 

 

Patrick CLEMENT 

Boulogne, le 9 mars 1996

 

 

 

 

 

LE SENS DES RESPONSABILITES

 

 

 

Jacques CHIRAC élu Président de la République, les pendules sont donc remises démocratiquement à l'heure, quelles qu'aient été les convictions des uns ou des autres en faveur des différents candidats.

 

Un trait est tiré sur le passé, les yeux sont rivés vers l'avenir! Chacun, de près ou de loin, se prépare à engager l'action réformatrice dont la France a tant besoin.

 

Hélas... Cette vision idéale a déjà fait long feu sur le plan national. A-t-elle seulement existée? On peut sincèrement se le demander. Je n'entrerai pas dans le débat sur le point de savoir si le rythme des réformes est suffisamment soutenu ou si la méthode employée est la meilleure. Quelle importance au fond face à ce constat amer d'un suicide collectif. L'ère de la relativité et de la critique permanente sape tout espoir d'une action menée avec conviction et avec efficacité.

 

Lorsque l'autre a toujours tort et que chacun a toujours raison, alors la situation est grave. Oui, je crois que la situation est vraiment grave lorsque l'action se voit perpétuellement remise en question. Mais où sont donc les vraies valeurs? La liberté sort-t-elle renforcée de cette bataille rangée où censeurs et censurés s'échangent leurs rôles sans pouvoir progresser véritablement.

 

Notre démocratie est menacée !

 

Loin de moi l'idée de bâillonner les brillants esprits qui s'adonnent au plaisir de délivrer la vérité vraie. Le murmure de mon dépit qui s'élève dans ce fracas quotidien ne rencontrera que peu d'échos et, pourtant, je suis persuadé qu'il est partagé par un grand nombre d'entre vous, par cette immense majorité silencieuse ignorée de cette Aristocratie fière et orgueilleuse qui monopolise le droit à l'expression et se déchire sous nos yeux. L'Histoire a montré combien était douloureux le réveil des majorités silencieuses. Evitons-nous la douleur d'une Révolution qui pousse au premier rang les extrêmes.

 

Il n'est que grand temps de regarder la vérité en face. Notre pays traverse une formidable crise, que ce soit sur le plan économique ou sur le plan des valeurs. Il est vrai que le progrès des techniques nous a propulsé dans un monde où l'homme est appelé à diriger son destin. N'est-il pas trop tôt pour lui ? Il est de toute façon trop tard pour se poser la question. Nous sommes au pied du mur. Alors que faire ? Eh bien, il faut faire face. Et pour cela, Il est urgent de prendre conscience de la situation pour agir en prenant toutes nos responsabilités. C'est tourné vers les mêmes objectifs et unis que nous pourrons nous en sortir pour bâtir l'avenir.

 

La méthode est simple. Laissons nos gouvernants gouverner. Nous les avons élus. Laissons-leur les moyens de gouverner. Notre République nous donne quant à nous les moyens de les sanctionner en temps voulu.

 

Retrouvons le sens des responsabilités !

 

 

 

Patrick CLEMENT

 Boulogne, le 2 octobre 1995

 

 

 

 

 

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