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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

LE CHANGEMENT VOULU PAR FRANCOIS HOLLANDE N’EST-IL QU’UN MOT CREUX ?

2 Mai 2012 , Rédigé par Patrick CLEMENT

 

Ca suffit, vraiment, de nous parler de changement et de multiplier les preuves qu’à gauche, décidément, rien ne change vraiment et qu’on pourrait donc s’attendre au pire en cas de victoire de François HOLLANDE.

On ne reviendra pas sur les alliances qui se nouent en coulisses entre les différentes composantes de la Gauche sans que l’on nous en dise beaucoup, c’est un euphémisme. Mais voilà, qu’en plus, Gérard LONGUET, Ministre mais aussi homme politique, n’aurait pas le droit d’être interviewé par un journal, MINUTE, dont on peut penser ce que l’on veut mais qui fait partie du paysage médiatique. C’est sûr, de guerre lasse, ou parce que plus personne ne lit ce journal en dehors des membres du parti communiste, on pourrait parler un peu aussi du journal L’HUMANITE. Alors, chacun ses lectures et chacun pense ce qu’il veut des lectures de l’autre mais, jusqu’à preuve du contraire – combien de temps encore ? - la presse reste libre, surtout qu’elle est tout de même suffisamment encadrée pour éviter toute dérive non démocratique. Que ces deux journaux vivent alors ! Ne coupons pas des têtes, pardon, des titres je veux dire…

Gérard LONGUET a le tort de considérer que Marine LE PEN est un interlocuteur dans le paysage politique actuel, si j’ai bien compris la nature du scandale. Il parait que c’est une injure à la démocratie, la preuve d’une collusion entre la Droite et ce qu’il est encore de bon ton de qualifier d’« extrême droite », c'est-à-dire le Front National. Mais alors, les millions d’électeurs qui ont voté pour Marine LEPEN au premier tour ne sont pas démocrates. C’est un pur syllogisme. Mais alors, Le candidat socialiste devrait avoir le courage de le dire en face à ces électeurs. Absurde.

Dans une démocratie, si les partis ne peuvent pas échanger entre eux, je crois qu’il faut changer de termes pour parler du régime politique pratiqué par ce pays. Le dialogue doit pouvoir exister entre partis, tous les partis, et même d’ailleurs ceux qui se trouvent opposés sur le champ des idées. Encore heureux. Sinon, mais c’est la guerre civile !

Alors, on brandit les valeurs portées par le Front National, représenté en l’occurrence par Marine LE PEN, qui seraient antidémocratiques ou non républicaines. Je l’ai déjà dit : lesquelles ? Parlons-en ! Peut-être, je ne sais pas. Ces valeurs non républicaines sont brandies par les porte-paroles de gauche sans jamais être précisées : hier, François HOLLANDE, à l’émission « Des paroles et des actes », aujourd’hui, notamment, Pierre MOSCOVICI, à la radio, et bien d’autres encore. Je ne suis pas sûr que les propositions portées par le Front de Gauche soient elles-mêmes bien toutes républicaines, mais débattons-en. Et pourquoi les communistes, quand on connait le lourd bilan de ce courant d’idées, seraient-ils considérés comme de bons républicains aujourd’hui ? Peut-être ont-ils changé, non ? Et pourquoi le Front National, présidé désormais par Marine LE PEN, ne pourrait-il pas être considéré comme un parti républicain si tant est qu’il ne l’était pas hier, ce dont on peut là aussi discuter ?

Il faudrait vraiment sortir de l’anathème pour rentrer dans un débat concret d’idées. Que le Front de Gauche porte des options radicales, au même titre que le Front National, sur certains thèmes, porte des idées radicales, nul ne le conteste. Mais ces idées méritent d’être exposées et analysées, voire évidemment critiquées. Ensuite, il est possible d’être convaincu ou non. Mais cela empêche-t-il la discussion, notamment entre les responsables de toutes ces formations politiques. Non, sauf à démontrer que certaines propositions soient antirépublicaines ou antidémocratiques. Nous voilà revenus au point de départ. Encore faudrait-il donc le prouver concrètement. Et ne pas oublier que la vérité d’hier peut évoluer dans le temps… en fonction justement des circonstances différentes ou d’un environnement différent. Ce qui est radical un jour peut ne peut plus l’être le lendemain. C’est déjà arrivé.

Alors, le changement, on aurait aimé qu’il commence aussi par là, l’acceptation d’un débat démocratique sans avoir recours aux prises de position expéditives et incantatoires.

Le changement aurait pu aussi consister à accepter en particulier justement que l’on organise plusieurs débats entre ces deux tours pour favoriser le confrontation des idées, comme cela se fait aux Etats-Unis et dans d’autres pays dans le cadre de telles campagnes électorales. On peut effectivement considérer que, traditionnellement, en France, un seul débat oppose les candidats du second tour à l’élection présidentielle, et objecter que ce n’est pas au dernier moment que l’on change les règles du jeu. Certes, mais rajouter alors que rien n’interdirait en effet à l’avenir d’évoluer. Cela aurait déjà donné au moins un signe de la volonté réelle de changement. Mais cela n’a pas été le cas. C’est comme cela donc on ne change rien, a-t-il été répondu. Belle preuve d’ouverture. C’est un sujet somme toute mineur mais c’est tout de même symbolique d’un état d’esprit.

Alors, à ceux qui scandent RAS LE FRONT, et c’est leur droit, même si c’est un peu réducteur comme pensée, je réponds, Ras L’INTOLERANCE, et place au débat, au vrai débat.

A ce soir !

 

Patrick CLEMENT,

Boulogne, le 2 mai 2011

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