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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

LA MAGIE DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE : LE PLURIEL CONJUGUE AU SINGULIER

23 Avril 2012 , Rédigé par Patrick CLEMENT

 

Le génie de la France s’est souvent incarné dans un homme qui la transcende. Je crois que les français ne se magnifient jamais autant que lorsqu’ils sont rassemblés, centrés vers une direction que leur désigne l’un d’entre eux.

Ce n’est pas forcément le cas de tous les peuples. Il me semble par exemple que la force des Etats-Unis réside dans la foi chevillée au corps de tous les américains en leur liberté, synonyme de réussite personnelle, dans un pays qui porte en germe le désir profond de succès ; l’individu, en réussissant, renforce son pays et contribue par son propre chemin à en tracer au fur et à mesure la trajectoire collective.

La France, au contraire, du moins je le crois, de manière un peu intuitive certes, est plus portée dans son imaginaire par le collectif, pour reprendre une expression sportive. Le succès de chacun n’est réalisable que parce qu’il s’inscrit dans un possible collectif, au service d’un idéal commun théorisé en amont. On pourrait faire remonter cet état d’esprit à la philosophie des Lumières qui marque cette ardente envie de penser et de construire un destin commun pour une société, voire une civilisation, abritant ensuite des destinées individuelles qui viendront réaliser et enrichir ce projet ainsi proposé.

Après ces quelques considérations philosophico-sociologiques qui traduisent bien imparfaitement ce que nos anciens ont su si bien exprimer pour parler du génie de la France, comme d’autres ont dû et pourraient le faire pour tant de pays composant notre monde, je voudrais revenir sur l’actualité immédiate des élections présidentielles.

Les ressorts humains sont multiples. La jalousie, le dénigrement, la méchanceté,… en constituent certains des ingrédients les plus nocifs. Tandis que l’effort, l’envie de se dépasser, la soif de galvaniser les autres pour réussir,… en représentent un des autres versants plus valorisant. J’avoue que je ne me résous pas à l’excommunication de l’un des nôtres comme arme ultime surtout lorsqu’elle est maniée par ceux qui n’ont pas, ou peu, apporté leur part à la construction collective de leur pays lorsqu’ils ont été sollicités récemment pour ce faire au titre de leurs responsabilités politiques.

Réveiller et flatter la bête qui est en l’homme ne mène jamais au beau, au grand, mais entraîne vers le bas, le médiocre, le vulgaire.

Comme vous tous, grâce à l’onction du suffrage universel direct, je serai donc le gardien des vertus qui glorifient un pays dans ce qu’il peut porter de mieux en lui pour aller de l’avant et l’arbitre vigilant de tout ce qui pourra l’abaisser au rang des sentiments les plus vils.

Puisque demain nous sera proposé le choix entre deux hommes, deux projets, mais aussi deux équipes au sens large, je serai particulièrement attentif à la personnalité de l’un et de l’autre, à la pertinence de l’un et de l’autre et au bon équilibre de l’une et de l’autre. Autant dire que mon jugement portera sur l’ensemble de ces paramètres pour valider mon choix.

Pour ce qu’il m’a été donné de voir, d’entendre et de comprendre des propositions des uns et des autres jusqu’à présent, il n’est pas besoin d’être devin pour imaginer où va ma préférence.

Je constate que le Président sortant, malgré les dégâts engendrés par la crise économique et les reproches qui ont pu lui être faits quant à la faiblesse de la rupture promise et espérée, résiste bien. Mais si le vin nouveau peut se contenter d’une outre ancienne pour ce second mandat sollicité, force est de constater qu’il faudra s’entourer d’apôtres nouveaux capables eux aussi de susciter l’adhésion pleine et entière, et créer le souffle qui seul peut donner envie de s’engager derrière cet étendard.

Aux français donc de se forger leur propre conviction dans les quinze jours qui viennent. Et je ne me permettrai qu’un seul conseil à leur égard, une mise en garde, c’est de veiller à s’appuyer sur un jugement rationnel plutôt que de laisser libre cours à d’éventuels ressentiments éprouvés en leur for intérieur face au quotidien âpre qui peut être le leur.

C’est par conséquent vers ce qui nous unit et nous porte vers l’avenir que nous devons regarder plus que par ce qui nous oppose en faisant appel au rejet de l’autre et de ce qu’il exprime.

Nous seront forts ensemble, porteurs d’un projet commun, ou faibles et emportés par nos passions individuelles si nous sommes par trop divisés.

 

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 23 avril 2012

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