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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

DIEU N’A JAMAIS DEMANDE DE PRATIQUER LA CIRCONCISION !!!

15 Juillet 2012 , Rédigé par Patrick CLEMENT

  

C’est un scoop que j’ai le privilège de vous annoncer : Dieu n’a jamais demandé à qui que ce soit d’être circoncis pour témoigner de sa foi en lui.

Le tribunal de grande instance de Cologne, en stipulant que « le corps d’un enfant était modifié durablement et de manière irréparable par la circoncision » pose un postulat de bon sens. L’intégrité corporelle de l’être humain vaut pour tous. Un rituel religieux ne peut y déroger dans la mesure où celui qui subit cette atteinte à son intégrité physique n’est pas en mesure de manifester sa propre volonté puisque, bien souvent, tout jeune enfant encore. Il en irait différemment à partir du moment où la société estimerait que c’est un choix fait en toute conscience, donc à partir d’un certain âge, et encore dans certaines limites. En dehors des juifs et des musulmans, les américains par exemple pratiquent à l’âge adulte la circoncision, pour certains d’entre eux du moins, pour des motifs hygiéniques.

Le miracle, le vrai miracle disons-le, c’est qu’en ce début de siècle et de nouveau millénaire, la question ait enfin pu être posée, voire tranchée… provisoirement, pour mettre un terme à ce qui fait partie de pratiques rituelles ne relevant que de simples convenances même si celles-ci se drapent du manteau religieux pour mieux les faire accepter. Alors, certains argueront du risque de mettre à bas toute pratique religieuse. Non, je ne le pense pas. Ainsi, un bébé catholique peut être baptisé sans que cela n’affecte son intégrité physique, même si l’on pourrait de même affirmer qu’il n’est pas en mesure de manifester sa propre volonté mais cela répond à un désir des parents, parfois d’ailleurs pour le « protéger ». De plus, adolescent, et plus encore, adulte, libre à lui de renoncer, voire renier, cette religion dans laquelle ses parents l’auront élevé. Mais il pourra le faire sans avoir à supporter une marque physique qu’il n’approuverait pas et qui serait irréversible à moins d’une chirurgie réparatrice complexe et coûteuse. Que chaque religion se place dans une telle posture.

Le bon sens commande donc de poser les bonnes questions en fonction de l’état d’avancement de notre civilisation. Avant que la circoncision ne soit reprise par la religion juive, celle-ci avait déjà des adeptes dans le monde antique. Soit, si cela relevait de leur libre volonté. Qu’une religion décide que cela devient un signe d’appartenance à sa foi en Dieu, pourquoi pas. Cela n’a pas beaucoup de sens selon moi car on imagine bien avec un tout petit peu de réflexion, même dans une démarche portée vers la croyance en un être divin ou une force supérieure, que ce n’est certainement pas Dieu qui se mêlerait de ce genre de considérations pratiques de la vie quotidienne qui relèvent manifestement de rituels humains visant à consolider le sentiment d’appartenance à telle ou telle communauté. Par contre, on peut comprendre que cette dimension pouvait trouver un enracinement à une époque pétrie de ce genre de croyances et de rituels de toute sorte.

Au-delà de cet épiphénomène au sens de la marche du monde, cela nous oblige à poser la question des religions dans notre société et dans notre civilisation eu égard à nos connaissances et par extension à notre perception que l’on peut désormais avoir du sens de la vie et de la compréhension de l’univers. Le besoin de croire étant si fortement ancré dans les gênes humaines qu’il n’est pas question de remettre radicalement en question l’adhésion à une religion. Notre révolution de 1789 et, par exemple aussi, le régime soviétique, ont apporté la preuve de l’impuissance d’une telle décision autoritaire, vouée à l’échec. Et ce d’autant plus que, si notre progression dans la recherche de la vérité n’est pas contestable, celle-ci ne nous permet pas, certains diront hélas, de proposer au stade actuel des affirmations incontestables sur ce qui anime la Vie. Par contre, notre conscience de l’humain et de ce qui est constitutif de la liberté humaine nous oblige à poser les bonnes questions quitte à remettre en cause quelques croyances ancestrales qui trouvent leur fondement dans des pratiques s’inspirant pour certaines de considérations proches de l’élan mythique.

Pour ma part, je plaide pour qu’un débat serein, sans tabou, permette d’aborder toutes les questions, quitte à accepter l’idée que du temps soit nécessaire pour faire évoluer les mentalités. Vous trouverez dans mes précédents textes des engagements en ce sens, notamment en matière de pratiques alimentaires que nous commanderaient Dieu... Par pitié, ne cédons pas à l'appel au silence qu’agitent inexorablement ceux qui crient à l’intolérance, qu’ils se classent d’ailleurs dans les rangs des défenseurs des rituels religieux ou des partisans laïques que l’on avait connu d’ailleurs moins conciliants en d’autres temps vis-à-vis de la religion chrétienne. Un ange passe !

Alors, même si un front uni se constitue du côté des gardiens de ces rituels, quels qu’ils soient, toutes religions confondues, je maintiens que la raison commande de permettre au débat d’exister pour faciliter des prises de conscience dont on serait peut-être surpris de constater qu’elles ont un large écho auprès de l’opinion publique pour autant que chacun puisse s’exprimer sans ostracisme.

Merci par conséquent aux juges de Cologne de rappeler que l’intelligence se manifeste à toutes les étapes de la construction de notre civilisation et peut nécessiter de remettre en question des convictions acquises en d’autres temps et perpétuées sans réflexion, au sens propre du terme, mais par pure tradition. Notre leitmotiv est de favoriser la claire conscience de ceux qui acceptent d’adhérer à telle ou telle pratique religieuse, qu’ils le font dans une démarche de foi et, surtout, de s’assurer que chacun peut s’engager dans cette voie de sa propre initiative, donc en pleine possession de ses moyens intellectuels et sans avoir eu à subir à vie une marque physique qu’ils auraient pu n’avoir pas souhaitée.

Est-ce si scandaleux de poser cette question et d’envisager des limites aux pratiques religieuses qui doivent s’inscrire fondamentalement dans une démarche de civilisation qui peut occasionner des zones de friction effectivement ?

Vous l’avez compris, pour ma part, je ne le pense pas, ce qui ne m’empêche pas de respecter toutes les démarches exploratrices, quelles qu’elles soient, proposant une voie de compréhension de la Vie et du sens de la Vie. Evidemment, cela peut se heurter à une vérité dite révélée, devenue par conséquent indépassable aujourd’hui pour certains.

 

 

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 15 juillet 2012

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