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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

"L'AN PROCHAIN A JERUSALEM"..., CAPITALE D'ISRAEL !

7 Décembre 2017 , Rédigé par Patrick CLEMENT

Le Figaro nous rappelle que le Congrès américain avait voté une loi en 1995 reconnaissant Jérusalem comme capitale indivisible d’Israël, en prévoyant même le déménagement de l’ambassade des Etats-Unis avant 1999. Alors, que Donald TRUMP tienne sa promesse de campagne… de faire appliquer la loi, cela déchaîne évidemment les passions ! Le réflexe de Pavlov a la peau dure…

« Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples », affirmait Charles de Gaulle dans ses mémoires de guerre. Je ne suis pas De Gaulle et je risque de passer pour quelqu’un de simpliste mais je me demande si le mouvement n’est pas le seul moyen parfois de faire bouger les lignes. Et si, s'agissant ici du Moyen-Orient, ce pas en avant permettait d’ouvrir des lignes d’horizon vers l’éclosion de l’Etat palestinien, quitte à envisager un statut original à Jérusalem qui conserve bien évidemment une charge éminemment symbolique pour les chrétiens et les musulmans ?

Mais il ne fallait pas créer l’Etat d’Israël si on ne voulait pas que Jérusalem en soit la capitale, compte tenu de cette histoire séculaire qui nous rappelle que cette cité fut fondée par le Roi David au X ème siècle avant Jésus-Christ (il y a donc environ 3 000 ans) ; et le temple d’Israël ensuite par Salomon. On sait très bien par ailleurs que la religion juive a conservé Jérusalem comme son phare spirituel.

N’étant pas de confession juive, ce qui n’est pas un gage d’objectivité mais tout de même, peut-être, la garantie que j’essaie d’aborder cette question sans idée préconçue, je crois qu’il faut s’appuyer sur le bon sens. Puisqu’Israël existe par la grâce de l’ONU, tout milite pour que Jérusalem en soit sa capitale au regard des considérations historiques et religieuses rappelées ci-dessus. Et j’ai la faiblesse de penser que cela ne ferme pas la porte à la résolution du conflit israélo-palestinien mais que cela peut provoquer au contraire un électrochoc pour que, justement, les palestiniens aient envie de jouer intelligemment leur carte d’un Etat palestinien, Israël étant désormais moralement tenu d’accepter des ouvertures en contrepartie de la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale.

Je crois en tout cas que la France pourrait jouer ce rôle diplomatique consistant à pousser les feux afin d’obtenir enfin des avancées significatives, plutôt que de crier avec la meute. C’est à cela que Charles de Gaulle s’est toujours attaché. Permettre à la France d’occuper une place singulière sur la scène internationale par des positions qui sortent des sentiers battus et des postures de simple convenance. En prenant par exemple l’initiative de reconnaître la Chine dans les années 1960, au grand dam des Etats-Unis et de l’Union soviétique à l’époque, De Gaulle n’entendait pas adouber le régime communiste de Mao mais respecter la logique d’une évolution géopolitique qui était devenue incontournable. Reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël n’est pas un blanc-seing donné à la politique israélienne et la fermeture d’une porte au nez des palestiniens mais sans doute plus la consécration d’une logique institutionnelle qui pourrait enclencher un mouvement constructif en faveur de la paix au cœur de cette région si tourmentée.

Mais que va faire Emmanuel MACRON ?

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 7 décembre 2017

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