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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

"MA VIE"

12 Septembre 2017 , Rédigé par Patrick CLEMENT

Rassurez-vous, il ne s’agit pas de ma vie dont je veux vous entretenir ici mais du livre autobiographique écrit à la fin de sa vie par Carl Gustav JUNG, génie s’il en est, contemporain d’Albert EINSTEIN, sans être reconnu me semble-t-il comme tel auprès du grand public. Et pourtant, pour simplifier, on pourrait dire que le génie d’Einstein qui couvrait le monde extérieur a pour correspondance le génie de Jung qui couvrirait, en quelque sorte, le monde intérieur. Mais ce serait encore réducteur car si la psychanalyse jungienne a marqué jusqu’à aujourd’hui de son emprunte le domaine du conscient et de l’inconscient, le champ de la réflexion de Carl Gustav JUNG s’étend bien au-delà pour couvrir le sens de la vie dans son ensemble, sur le plan matériel et spirituel.

Si je peux me permettre de faire se télescoper ma vie avec celle de JUNG, je vous dirais que, comme pour Pierre Teilhard de Chardin, nos chemins se sont croisés voici bien longtemps avant enfin de se rejoindre. Ma découverte de Pierre Teilhard de Chardin remonte à mon adolescence au travers de la bibliothèque de ma mère qui a très certainement forgé le berceau de ce qui sera le centre d’intérêt de ma vie, la spiritualité. Mais ce n’est que près de vingt ans plus tard que je découvrirai véritablement l’œuvre de Pierre Teilhard de Chardin. Il en va un peu de même avec Carl Gustav JUNG que j’avais eu l’occasion de croiser voici bien longtemps (intellectuellement s’entend puisque JUNG, comme vous le savez, né en 1875, est décédé en 1961, année de ma naissance d’ailleurs…). Et plus particulièrement à l’occasion d’une exposition que lui consacrait le Musée GUIMET en novembre 2011, je faisais l’acquisition du livre rouge, l’œuvre de sa vie portant témoignage de ses rêves les plus symboliques, et d’un plus petit ouvrage mais tout aussi grand par la portée, « Ma vie ». Eh bien, comme cela m’est souvent arrivé (honte à moi !), je ne me suis lancé dans la lecture de ce dernier ouvrage que cet été, et j’ai entrepris enfin la lecture du premier.

De manière anecdotique, ce qui m’a frappé, c’est un point commun dans nos parcours scolaires. Attention, toute méprise sur le sens de mes propos doit être d’emblée écartée. Ainsi que je l’ai déjà dit, en le regrettant d’ailleurs, mes capacités cérébrales en tant que telles n’ont rien de comparable avec celles de personnages tels que Carl Gustav JUNG. Mais cela m’a amusé de constater que JUNG avait été confronté à la même mésaventure que moi. Ainsi, à deux reprises, il fait état d’un devoir pour lequel il s’était particulièrement appliqué et qui avait été jugé par son professeur comme ayant été copié sur un auteur renommé (sans avoir pu identifier lequel pourtant). Peut-être comme beaucoup d’autres d’ailleurs, cela m’est aussi arrivé au lycée. Une première fois à l’occasion d’un devoir sur Caspar David Friedrich que j’avais particulièrement soigné, avec des réflexions personnelles relevant un travail d’étude plus classique, et qui m’avait valu une note moyenne agrémentée d’un commentaire de mon professeur de français, Mme MOREAU, consistant à me recommander de bien vouloir faire mes devoirs à la maison tout seul la prochaine fois pour espérer une note conforme au rendu ! C’est à la fois vexant et flatteur me direz-vous, mais déstabilisant tout de même. J’ai eu le droit également en terminale à des soupçons de triche de la part de mon professeur de mathématiques, Mme LAPLACE, et de mon professeur de physique, Melle CORTEVAL, au motif que mes résultats scolaires étaient devenus singulièrement positifs en terminale, contrairement aux années précédentes. Pourtant, cela n’était dû qu’à la qualité pédagogique de ces deux professeurs, particulièrement remarquable, et au fait que j’avais décidé de travailler en prévision du baccalauréat qui s’annonçait. Mais là encore, cette suspicion avait quelque chose de vexant.

Pourquoi vous raconter cette anecdote qui risque de vous paraître sans intérêt, c’est tout simplement parce que je me suis souvent retrouvé dans le livre de JUNG, et cela de manière très frappante. Sans doute, en lisant le livre, pour ceux qui ne l’ont pas lu et qui voudraient se lancer dans l’aventure – ce que je recommande chaleureusement – chacun pourra se retrouver au détour de telle ou telle phrase ou de telle ou telle idée mais je voulais signaler à quel point ce sentiment de se retrouver soi-même avait de bouleversant. En tout cas, c’est comme cela que je l’ai ressenti.

Et pour ceux qui, malgré tout, se demanderaient en quoi la lecture d’un ouvrage ayant été écrit voici plus de cinquante ans pourrait leur apporter quelque chose, je leur répondrai que, justement, la marque des génies se trouve dans cette qualité rare d’une pensée qui reste actuelle en traversant le temps. En tout cas, ce demi-siècle n’a en rien altéré la puissance de réflexion et je dirais la qualité visionnaire des pensées exposées par Carl Gustav JUNG.

Ce livre, qui peut être complété ensuite par la lecture des multiples ouvrages écrits par JUNG, est particulièrement éclairant car, au-delà des enseignements qu’il nous livre, se profile, notamment dans la partie portant sur ses « pensées tardives », la quintessence de sa compréhension du sens de la vie. Il s’agit là tout autant d’une philosophie de vie que d’une philosophie de la vie.

Voilà pourquoi je ne peux que recommander la lecture de ce livre qui est une brique indispensable pour la construction de sa propre vision de la vie. Je me demande même si je me serais lancé dans l’écriture de mon petit opuscule « Les Sens de la Vie » en 2014 si j’avais lu ce livre avant. Mais cela dit, en plus de mettre de l’ordre dans mes pensées qui couraient depuis des décennies en matière de spiritualité, l’objet de ce petit livre était aussi de donner une ligne directrice à ceux qui n’avaient pas eu le temps ou n’avaient pas l’intérêt de se lancer dans une telle réflexion. Certes, sans succès pour ce dernier objectif mais avec le sentiment tout de même du devoir accompli si j’ose dire.

Pour le reste, comme vous l’avez constaté, je me suis mis quelque peu en retrait de l’actualité politique pour donner du temps au temps, je vous l’avoue sans réel espoir mais en considérant que le jugement ne pouvait porter que sur le bilan d’une action. Peut-être ai-je aussi été pris par un moment de lassitude… Il faut bien reconstituer ses forces de temps en temps !

 

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 12 septembre 2017

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