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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

"NI DROITE, NI GAUCHE"; "ET DE DROITE, ET DE GAUCHE";... ON TOMBE ?

12 Mai 2017 , Rédigé par Patrick CLEMENT

Les médias tentent une nouvelle fois leur OPA (Offensive Publique Acharnée…) sur le bon sens des français pour faire passer leurs désirs… avant la réalité. Conscients de leur incapacité, malgré leur pouvoir réel en termes d’influence de l’opinion publique, à pouvoir pousser un candidat de Gauche aux élections présidentielles, ils ont vu (ou conçu ?) la montée d’Emmanuel MACRON comme un pis-aller.

Comme nous l’avions annoncé, sans avoir vraiment une prescience en la matière, la question de la majorité pour gouverner se pose désormais. Après le « match aller » des élections présidentielles, nous avons désormais le « match retour » des élections législatives. Un véritable « match retour » pour trois raisons. D’une part, les deux candidats sélectionnés pour le second tour ne représentaient qu’une partie de l’échiquier politique, bien plus que dans les élections précédentes. D’autre part, compte tenu du pseudo « front républicain » de fait orchestré pour faire barrage à la candidate du Front National, le président élu l’a été par défaut. Enfin, en n’incarnant pas un parti politique actuellement représenté au Parlement (à l’Assemblée Nationale plus spécifiquement), Emmanuel MACRON risque bien de ne pas bénéficier de la prime au parti dont émane le nouveau Président élu.

Dans ces conditions, il est logique que les forces politiques principales, telles que représentées au premier tour des élections présidentielles, s’affrontent désormais pour obtenir une majorité afin de gouverner. Et dans cet esprit, c’est au soir du second tour des élections législatives que l’on pourra savoir si l’une de ces forces politiques l’emporte et obtient la légitimité, avec un Premier Ministre provenant de ses rangs, de gouverner la France, en bonne intelligence avec le Président de la République. A défaut de majorité claire, le Président pourrait engager des discussions avec les uns et les autres en vue d’obtenir une coalition ou un accord de gouvernement pour disposer d’une majorité susceptible de soutenir son projet, ou le plus possible en tout cas. Et sinon, tenter de gouverner avec des majorités de projets ad hoc par définition. Nous l’avions dit. L’élection d’Emmanuel MACRON risquait d’entraîner de fortes turbulences pour les institutions. Mais les français en ont décidé ainsi. Donc acte.

Il me parait évident que c’est le résultat des élections législatives qui, par conséquent, peut véritablement redessiner le paysage politique, de manière traditionnelle c’est-à-dire dans la veine de la Vème République, ou en se rapprochant plus de la pratique de la IVème République avec des risques évidents alors d’instabilité politique, voire de fragilité politique, dont profitent dans ce cas-là plus facilement ceux qui utilisent la rue pour faire pression sur la politique menée.

Avant cette échéance, ces élections législatives, l’entrée au gouvernement de membres issus de familles politiques autres que celle de la « République en marche » ne peut se faire qu’en rompant ses liens avec sa famille politique d’origine, avec toutes les conséquences que cela entraîne notamment sur le plan des investitures accordées dans la circonscription de celui qui franchirait le Rubicon. A chacun de prendre ses responsabilités. Il faut rappeler toutefois qu’un élu, avant de pouvoir compter sur sa notoriété personnelle, doit se souvenir que c’est aussi son étiquette politique qui a permis son élection. D’ailleurs sa notoriété s’acquiert souvent après une élection qui à l’origine reposait souvent très largement sur sa seule étiquette politique. Cela entraîne tout de même un devoir de fidélité et de solidarité vis-à-vis de son parti, sauf à considérer que tout cela n’a pas d’importance et que son intérêt prime sur tout le reste. Ce qui est entre parenthèses justement un des gros reproches fait à la classe politique par les français ; le second étant de ne pas respecter leurs promesses électorales, voire surtout de ne pas réussir à redresser la France, et donc, du moins en partie, améliorer leur situation personnelle. Quand on fait partie d’une équipe, on est censé rester dans son équipe. Nul besoin de faire appel au sport pour comprendre cela…A contrario, en poussant le raisonnement, pourquoi les nouveaux députés estampillés "La République en marche" devraient-ils être fidèles aux consignes de vote de leur parti ?

Quant au fameux débat « Ni Droite, ni Gauche » ou « Et de Droite, et de Gauche », il est le fameux miroir aux alouettes de ceux qui croient, ou qui veulent croire, ou qui veulent faire croire, que tous ensemble ça ira forcément mieux. Mais non, c’est, comme je viens de le souligner, une illusion. Toute démocratie est composée d’une Majorité et d’une Opposition. Dans le cas contraire, on est plus sûrement dans une dictature que dans une démocratie sauf cas de figure rare d’union nationale car la Patrie en danger nécessite l’union, momentanée, de toutes ses forces politiques. Il est primordial sinon d’avoir une Opposition qui puisse justement faire valoir des idées différentes dans une démarche critique et alerter l’opinion publique sur ses propres propositions, grâce notamment au travail honnête et rigoureux des médias.

Le vrai problème réside par contre effectivement dans l’expression de cette opposition. Tout le monde ne peut être que d’accord sur la nécessité d’avoir une opposition constructive, disons-le intelligente. C’est déjà le cas dans le cadre de l’élaboration de la loi, ce qui est peu mis en valeur aux yeux des français. Ainsi, au sein des commissions thématiques chargées d’examiner les propositions ou les projets de loi, les élus de l’Opposition se retrouvent avec les élus de la Majorité pour travailler sur le texte de loi proposé afin de démontrer pourquoi telle ou telle disposition ne leur semble pas acceptable mais aussi, proposer des amendements afin de corriger des erreurs ou d’améliorer le texte. C’est évidemment ce travail qu’il est important de pouvoir renforcer encore. Et surtout, une fois que le texte de loi est proposé au vote, il faudrait mieux mettre en valeur les critiques formulées par l’Opposition qui pourrait alors le voter plus facilement à partir du moment où cela ne vaudrait pas accord sur l’ensemble du texte aux yeux de l’opinion publique, et surtout ne vaudrait pas quitus pour la politique de la Majorité. Tout cela n’est possible qu’avec un travail intelligent des médias qui se feraient le relais loyal de cette expression politique. Pas de reniement de ses convictions et pas de rejet d’un texte de loi comportant certaines mesures considérées comme positives alors que d’autres cependant sont rejetées.

Pour le reste, tout le monde sait bien qu’un parti « Ni de droite, ni de Gauche » finit forcément par tomber d’un côté ou de l’autre. Et sinon, d’avoir une opposition de Droite et une opposition de Gauche, celles-ci trouvant leur vitalité dans une opposition qui se durcit nécessairement au fur et à mesure que ce Centre s’élargit et qui aura tendance par conséquent à devenir une opposition très à Droite et une opposition très à Gauche. On imagine bien la suite…

« La République en marche » procède d’une démarche certes sympathique, couronnée de succès pour son principal instigateur à ce jour, mais qui est illusoire selon moi à très court terme car la réalité reprendra nécessairement le dessus. Cette réalité se dévoile déjà sous nos yeux. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les maîtres d’œuvre du fonctionnement de ce parti sont de vieux routards de la politique ! En outre, il sera bien difficile d’empêcher le déferlement de ceux qui sont en recherche de postes ministériels après avoir perdu le leur ou désespérant de pouvoir en obtenir un en restant dans leur propre parti, comme on a déjà pu le constater. Bref, ce jeune parti va vieillir vite pour ressembler à un parti comme les autres. Un parti du Centre dont il faudra trouver la meilleure appellation, qui sera donc encadré par un parti, ou des partis de Droite, et un parti, ou des partis de Gauche. Combien de temps cela pourrait-il durer ? Ca, nul ne le sait. Ce que l’on peut observer, c’est l’histoire politique récente des écologistes qui s’auréolaient de faire de la politique autrement et dont je n’ai pas besoin de rappeler le triste spectacle qu’ils nous ont donné depuis plusieurs années maintenant, fidèles en cela à ce que l’on peut trouver de pire dans les partis traditionnels.

En conclusion, je suis pour l’amélioration incessante de nos institutions pour renforcer le travail parlementaire tout en assurant la possibilité de mettre en œuvre une politique claire qui pourra être jugée en son temps par les français afin d’être reconnue comme efficace ou rejetée au bénéfice d’une politique proposée par son opposition. C’est le jeu normal et salvateur pour la démocratie de l’alternance. Je suis également favorable à la modernisation des partis politiques comme je l’ai déjà souvent dit. En effet, les Primaires cachent mal l’incapacité du débat d’idée qui doit vivre dans un parti placé de fait dans l’opposition afin de faire émerger un projet d’alternance et une figure qui puisse incarner ce projet. Mais pour cela, il faut ouvrir les fenêtres en permettant la participation la plus large possible des français à ces débats et en favorisant véritablement la libre expression pour pouvoir recueillir de nouvelles idées. C’est souvent là que le bât blesse. Et je concède que dans ces réflexions, la question n’est pas de savoir si l’on est de Droite ou si l’on est de Gauche, mais de réfléchir en fonction de l’intérêt de la France et des français, ainsi que des préoccupations quotidiennes bien évidemment. Par contre, se dessine indubitablement alors un profil de réponses qui prendra plutôt la forme d’un Patron de Droite ou d’un Patron de Gauche (Patron au sens de la couture, vous l’aurez bien compris !).

Ne voyez pas dans mon propos une quelconque amertume face au succès d’Emmanuel MACRON. Sans revenir sur les circonstances qui l’ont favorisé et les soutiens dont il a bénéficié, ce succès est indiscutable… pour ce « match aller ». Mais je reste persuadé que le « match retour » risque de marquer un retour aux fondamentaux de la vie politique. Et, pour terminer sur une note optimiste, en espérant qu’une majorité se dégage pour éviter une crise de régime, et en plaidant pour ma chapelle, je crois que si Les Républicains obtenaient une majorité, ils pourraient engager efficacement le redressement de la France sous l’égide d’un Président de la République qui pourrait alors s’épanouir dans son domaine réservé, la politique étrangère, avec de nombreux atouts pour exprimer le nouveau dynamisme français à travers le monde.

Au boulot !

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 12 mai 2017

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