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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

L'HEURE DE VERITE A SONNE POUR MOI !

5 Mai 2017 , Rédigé par Patrick CLEMENT

A certaines périodes de la vie correspond un temps plus profond de vérité pour se mettre en accord avec soi-même. Il se trouve que la Politique au sens large est le grand domaine d’intérêt de ma vie, avec la Spiritualité avec un grand S, même si je suis curieux de tout par ailleurs. Chemin sinueux parsemé d’embûches !

Etant d’un naturel plutôt introverti, je ne m’étendrai pas sur ma vie personnelle (marquée par tant d’incompréhensions et de manque de lucidité, voire de maturité) et ma vie professionnelle (dont le fil rouge aura été ma frustration de ne pas réussir à m’engager sur la voie professionnelle qui aurait pu répondre à mes aspirations profondes), ensablées dans ma déjà trop longue traversée du désert dont je ne sais toujours pas si elle ne se finira pas par une descente aux enfers.

Sur le plan spirituel, je me sens serein depuis l’écriture de mon livre « Les Sens de la Vie », même si ma quête n’est pas achevée. Mais comment pourrait-elle l’être !

Sur le plan politique, en créant l’Alliance Républicaine De Progrès (ARDP) en 2011, je voulais m’émanciper d’un parcours politique insatisfaisant pour moi. Et si mes velléités de me présenter aux élections législatives de 2012 ont été contrariées pour des raisons personnelles et professionnelles, le plaisir de publier ces modestes billets d’humeur sur le blog créé à cette occasion m’a permis d’étancher ma soif d’expression libre. Mais il est vrai que le but ultime était bien de trouver un jour le chemin de l’action publique pour donner un sens à mon engagement, au service de mon pays et, plus profondément, mais en toute humilité bien évidemment, en participant à la marche en avant du monde. Idéaliste ? Une belle plage n’est composée que de grains de sable. Isolé, ce grain de sable parait insignifiant, voire inutile, mais sans la multitude de tous ces grains de sable, point de plage…

Bon, passons au sujet du jour, le vote au second tour des élections présidentielles. Abstention, vote blanc, Emmanuel MACRON, Marine LE PEN ? Il est vrai que c’est un choix important et, comme tout choix, il est constitué d’une part objective (les raisons qui incitent à choisir telle ou telle option, de manière rationnelle) et d’une part plus subjective liée à sa propre histoire, ses interrogations, ses états d’âme,… Mon choix est la résultante de cette alchimie complexe qui n’appartient au fond qu’à chacun et qui justifie que chaque choix, chaque vote, unique, soit respecté, surtout dans un exercice démocratique de ce genre. J’insiste sur le mot démocratique car à ma connaissance le Front National est un parti politique légal et je n’ai toujours pas compris en quoi les valeurs qu’il défendait, aujourd’hui, étaient antirépublicaines, même si je comprends très bien par contre que son programme ne convienne pas à tout le monde. Le premier tour a bien montré à quel point les français étaient écartelés. Je ne comprends d’ailleurs pas plus pourquoi ce serait un parti d’extrême droite ; c’est un parti souverainiste.

Puisque nous sommes dans le temps des confidences, je vais vous en faire une, que mes lecteurs attentifs auront devinée. En 2011, Nicolas SARKOZY était Président de la République, ce qui n’aura échappé à personne. En créant l’ARDP, c’était pour moi une forme de cri de révolte d’un déçu de celui qui nous avait redonné espoir en promettant la rupture, enfin. Mais, tombé sans doute dans la soupe des calculs politiciens, j’ai voulu également soutenir Marine LE PEN afin qu’elle accède à la Présidence du Front National car je pensais au fond de moi-même que le seul moyen de pousser la Droite à redevenir la Droite, ma Droite, c’est-à-dire celle du RPR que j’avais connu, serait que le Front National se renforce. Marine LE PEN tenait un discours qui augurait d’une transformation positive selon moi de ce parti. Je dois dire que cela m’a permis de découvrir des militants et des sympathisants qui ressemblaient à tous les français, soucieux de leur avenir et de celui de leur pays. Le métro à 6 heures du soir aurait dit le général De Gaulle !

Et, naïf que je suis, je me suis remis dans les pas de Nicolas SARKOZY qui retrouvait justement en 2012 les accents de sa campagne de 2007 pour nous faire espérer… qu’il avait enfin compris. L’élection de François HOLLANDE m’a laissé K.-O. un bon moment. Je dois aussi confesser dans mon parcours politique un passage par la case DEBOUT LA FRANCE, le parti présidé par Nicolas DUPONT-AIGNAN. Mon secret espoir était en effet que se constitue enfin une Alliance des Droites comme je l’ai déjà précisé dans mes articles précédents. Et puis, et puis, François FILLON est arrivé ! Oh, non pas le Premier Ministre de Nicolas SARKOZY mais un homme nouveau, plein d’audace, qui m’a fait croire que la Droite avait enfin compris elle aussi peut-être et que, finalement, mon pari de voir le Front National monter pour forcer l’UMP (pardon, LES REPUBLICAINS) à renaître en une réincarnation idéalisée du RPR était peut-être en passe d’être gagné (non pas par moi mais par tous ceux qui pensaient comme moi).

François FILLON, en gagnant les Primaires de « la Droite et du Centre » (Primaires qui n’avaient pourtant pas ma faveur), me confortait dans cette idée, ce rêve. Il a bien fallu se réveiller quand l’évidence s’imposait petit à petit au-delà du traquenard tendu par l’Elysée, et relayé abondamment par les médias complices, les déçus de la Primaire, restés sur les rives rassurantes d’un centre-droit « bien-pensant », n’avaient pas l’intention de se démener pour celui qui était « leur » candidat… en principe. Le paradoxe des « affaires » était bien celui-là, elles faisaient l’affaire de la Gauche et d’une partie de la « Droite »… et du « Centre », restée en fait en réserve de la République... dans cette campagne électorale.

Voilà, j’ai été un peu long, encore que…, mais je tenais à clarifier les choses pour pouvoir engager la réflexion sur le choix pour le second tour. Faisons donc un tour d’horizon des « différents possibles ».

L’abstention. Pourquoi pas ? Ce n’est pas dans mes gènes… mais, après tout, je peux considérer que les français ont rejeté mon candidat et que, surtout, une partie de mon « camp politique » l’a aussi trahi, alors débrouillez-vous ! Mais en même temps, c’est le jeu d’un premier tour et si ces français me déçoivent souvent, est-ce de leur faute s’ils sont écartelés et si ceux qui se présentent aux élections tous les cinq ans ne font pas la politique pour laquelle ils ont été élus. C’est surtout eux, ces Présidents de la République déloyaux, qu’il faudrait conspuer. Pourquoi donc refuser la logique du second tour des élections présidentielles d’une Vème République que pour ma part je respecte profondément ?

Le vote blanc. C’est possible. Là encore, pour ceux qui ont vu leur candidat éliminé, ils peuvent vouloir exprimer ainsi, soit une désillusion, soit une incapacité à choisir pour l’un ou l’autre des deux candidats en lice, surtout quand la campagne du premier tour a donné lieu à des critiques fortes de ces deux candidats par celui en qui ils croyaient. Mais c’est tout de même laisser à d’autres que soi le soin de choisir celui qui va devenir Président de la République. La démocratie est une chose trop précieuse pour la laisser dépérir. Et en l’occurrence, ce n’est pas bonnet blanc et blanc bonnet !

Emmanuel MACRON. Finalement, le candidat au profil bien lissé, qui tangente soi-disant avec la Droite et avec la Gauche, et qui semble tellement dans l’air du temps, ferait un bon choix de repli… ou de dépit. Oui mais, tout de même, peut-on oublier tout ce que j’ai reproché au candidat à la fois dans son programme mais aussi dans ses prises de position qui sont à l’antipode de ce que j’attendais avec ce renouvellement de la Droite, enfin ce retour aux sources de la Droite ? Bien sûr, on peut se dire qu’il n’aura pas de majorité et qu’il devra donc composer avec une partie de la Droite et une partie de la Gauche dans une forme de centrisme imaginé vertueux par les plus naïfs, ou les plus opportunistes. Ou même que la « Droite » (mais quelle Droite ?) obtiendra la majorité le forçant à une cohabitation dès le début du quinquennat. Finalement, oui, que risque-t-on ? D’accord, mais le vote est l’expression d’un choix pour un Homme et donc pour ce qu’il représente. Et si, après tout, nouvelle surprise, Emmanuel MACRON obtenait, bien que cela soit hautement improbable, une majorité hétéroclite qui lui permette de mettre en œuvre son programme, cahin-caha en tout cas. Flûte, trop tard pour changer ! Pipeau (« pipo») pour cinq ans ?

Marine LE PEN. Ah, le Front National ! Elle n’en est plus la Présidente certes mais c’est plutôt symbolique. Son programme est musclé, mais dans une logique patriotique dans laquelle j’avoue me reconnaître. Son referendum sur une sortie de l’Euro fait peur et je n’y suis pas favorable mais, par définition, ce sera un referendum donc le résultat n’est pas garanti et nous redonnera la parole. En même temps, contrairement à François HOLLANDE qui n’a absolument rien fait pour infléchir la politique de l’Union européenne et son mode de fonctionnement, on peut parier que Marine LE PEN, élue présidente, aurait un poids suffisant, et surtout une volonté réelle, de faire bouger les lignes. Un Frexit n’a pas la même valeur qu’un Brexit. Oui, ça tanguerait, mais finalement est-ce que ce serait pire qu’une France embourbée perdant son âme petit à petit. Ne faut-il pas parfois un électrochoc pour faire repartir la machine ? Difficile à dire avant. On ne peut le savoir qu’après. C’est risqué. Et c’est là qu’intervient l’aspect subjectif d’un choix. Est-on dans une situation personnelle favorable, sereine, qui vous fait craindre l’aventure, la prise de risque ? Ou est-on dans un état d’esprit tel que, pour des raisons variées, vous êtes prêt à dire « pourquoi pas, après tout » ? Oui, pourquoi pas puisque nous n’arrivons pas à retrouver notre souveraineté et à construire une Europe forte mais constituée de Nations respectées. J’adore l’expression de Charles de Gaulle : « on ne fait pas d’omelettes avec des œufs durs ». Je sais bien que, comme je l’ai laissé entendre dans mon précédent article, cela revient à se poser la question de notre modèle de civilisation. Comment voit-on l’avenir de notre monde ? Pour ne prendre qu’eux, les chinois vont rester des chinois, en tout cas pour un bon moment encore ! Voulons-nous quant à nous entrer dans une organisation territoriale qui relèverait plus de l’agrégat de communautés ou croyons-nous encore que, bien que divers, un pays doit être homogène et ses habitants partager profondément les mêmes valeurs et se sentir français en l’occurrence, tous, les uns et les autres ? Croyons-nous qu’il faut se fondre dans une Europe supranationale à brève échéance finalement ou que nos Etats, avec leurs caractéristiques propres, leur identité, méritent de survivre, tout en s’alliant entre eux dans les domaines qui le nécessitent ? Bref, les questions sont tellement nombreuses et les enjeux tellement importants. Le parti-pris flagrant des médias pour nous détourner de la tentation d’un vote en faveur de Marine LE PEN ne permet malheureusement pas cette prise de hauteur pour un choix réfléchi et serein. A titre personnel, je n’aime pas que l’on me force la main… Je n’ai pas besoin d’un directeur de conscience pour choisir un bulletin de vote (ou appuyer sur un bouton en cas de vote électronique !).

Face à la campagne médiatique orchestrée contre Marine LE PEN, et alimentée par Emmanuel MACRON, je vois un parallèle certain avec le sort de François FILLON. Comme cela apparait maintenant de plus en plus évident dans la chronologie des événements, le « Pénélope Gate » serait bien parti directement de l’Elysée. Pour Marine LE PEN, les ficelles classiques de la diabolisation sont utilisées au risque une nouvelle fois d’empêcher un vote des français sur le fond des programmes.

Je ne peux pas passer sous silence plusieurs points notamment.

Utiliser la SHOAH dans cet entre-deux tours pour mobiliser les juifs contre Marine LE PEN, comme le fait Emmanuel MACRON, me révulse pour deux raisons. D’une part, Marine LE PEN a clairement dénoncé l’antisémitisme dans tous ses propos et son entourage comporte notamment des personnes issues de cette religion. D’autre part, le débat porte aujourd’hui sur le déséquilibre engendré par la mondialisation sur le plan économique et sur les flux migratoires qui tendent de plus en plus à fragiliser l’identité nationale de notre pays, composé certes de français issus d’origines diverses et de religions différentes, mais qui jusqu’à présent se reconnaissaient dans les valeurs de la République et dans la volonté de s’assimiler au modèle français. Quel rapport avec les français de religion juive ? Même si c’est l’Islam qui est aujourd’hui montré du doigt compte tenu de la forte croissance des français se reconnaissant dans cette religion et de l’émergence sur nos terres du terrorisme islamiste, cette cohésion nationale est fragilisée par la montée en puissance d’un multiculturalisme qui dépasse la seule question des religions.

Le second point concerne l’utilisation de la seconde guerre mondiale par Emmanuel MACRON ou ses soutiens pour tenter d’assimiler la progression du Front National au National-Socialisme d’Adolf HITLER. Là-encore, les bras m’en tombent et ce candidat s’est discrédité à mes yeux en s’abaissant à ce genre de manipulation. J’en profite d’ailleurs pour vous livrer le fond de ma pensée sur le sujet. D’une part sur Hitler et d’autre part sur Pétain qui est lui aussi convoqué dans cette campagne.

Ma théorie concernant l’interdiction de Mein Kampf s’est forgée petit à petit mais est devenue de plus en plus solide à mes yeux. Je l’ai déjà dit, interdire un livre n’a pas beaucoup de sens puisque les idées d’Hitler et son accession au pouvoir ont été abondamment expliquées par les historiens notamment. Je pense donc que cette interdiction était plutôt justifiée par la volonté d’éviter de montrer de manière évidente que la guerre était annoncée très clairement dans la volonté d’expansion territoriale théorisée dans ce livre par Hitler. La responsabilité des gouvernants d’alors apparait immense. Par ailleurs, ce livre expose parfaitement les racines du National-Socialisme d’Hitler qui trouve son terreau plus dans la Révolution française que dans un fachisme estampillé par commodité de Droite. Ainsi, il est facile de trouver des points de comparaison avec des figures de la Révolution telles que Robespierre et Saint-Just par exemple. Pour Hitler, le Reich devait tout représenter pour le peuple dont les enfants d’ailleurs, par exemple, devaient être pris en charge par la communauté nationale plus que par leurs parents eux-mêmes (relisez Saint-Just à ce sujet !). Par ailleurs, Mein Kampf montre bien la trajectoire d’Hitler dont les premiers pas en politique se firent au sein du Parti Ouvrier. Hitler revendiquait clairement son attachement au peuple allemand, en partant du peuple le plus humble, pour rejeter les élites représentées à travers la bourgeoisie notamment, les institutions religieuses, et évidemment le monde de la finance considéré comme étant aux mains des juifs à l’époque. Ce National-Socialisme était donc un vrai National-Socialisme c’est-à-dire fondé sur le nationalisme et le socialisme. Lisez ou relisez Mein Kampf ! « Ein Volk, ein Reich, ein Fûhrer » exprime le mieux le projet politique d’Hitler qui transcendait les clivages Droite / Gauche comme souvent pour une dictature. Et, sans rentrer dans des comparaisons morbides avec les millions de mort engendrés par les régimes communistes, le nazisme incarné par son chef, Adolf Hitler, dont la paranoïa a atteint son paroxysme avec l’extermination planifiée des juifs, ne doit pas être utilisé comme argument électoral. Le sujet mérite plutôt d’être expliqué de génération en génération et de faire l’objet de la part des historiens de recherches toujours utiles pour en comprendre les ressorts. Comme d’ailleurs la SHOAH, ce qui m’amène à rappeler, au risque de heurter, que je suis là aussi en faveur de la liberté d’expression. Une démocratie vivante et forte ne doit pas craindre les débats, quels qu’ils soient. Sinon, à force d’interdits, le feu couve et c’est à une explosion que l’on doit s’attendre. Ainsi, pour revenir dans l’actualité, endiguer le flot des adeptes du Djihad nécessite de pouvoir laisser libre les expressions afin d’engager le débat pour comprendre et convaincre. Dans le cas contraire, je pense que se développent de manière souterraine des pensées qui débouchent alors sur des passages à l’acte dramatiques.

Quant à Pétain, je dirai deux choses. D’abord, comme chacun sait, que la très grande majorité des français étaient pétainistes en 1940 parce que, contrairement à la guerre de 14/18, j’ai la faiblesse de penser que les français n’avaient plus la même volonté de tout sacrifier pour défendre leur pays. Inutile par ailleurs de rappeler que François MITTERRAND, l’homme qui a incarné la Gauche en France, avait reçu la Francisque. Evitons donc les raccourcis idéologiques. On attend toujours un vrai bilan objectif et serein du Gouvernement de Vichy, je veux dire un bilan consolidé qui soit porté à la connaissance des français. Ainsi, comme cela apparait de manière plus évidente, sans nier les responsabilités des uns et des autres, et notamment au sein de l’entourage de Pétain, il apparait que les juifs vivant dans les pays sous administration allemande ont subi un sort encore plus dramatique que ceux vivant en France, notamment en zone libre. Mais sur ces sujets, j’aimerais vraiment que les choses soient plus claires et échappent à une utilisation idéologique qui ne résiste pas à l’analyse. Cela me fait penser à la colonisation, portée initialement par la Gauche dans un mouvement d’élargissement civilisationnel à l’époque et qui est présentée aujourd’hui comme une tare de la Droite, et permet en outre de passer par pertes et profits tous les apports pour les pays colonisés (ce qui ne veut pas dire oublier les raisons pour lesquelles les peuples ont ensuite cherché à s’émanciper). Parler de « crime contre l’humanité » comme l’a fait Emmanuel MACRON est une faute majeure dans ces conditions car faire le bilan d’une politique s’inscrivant dans le contexte d’une époque ne veut pas dire passer sous silence les erreurs ou les dérives constatées mais ne veut pas dire non plus faire injure à la mémoire de la France et de ceux qui en ont été les représentants. Quelle légèreté !

Affirmer qu’il n’existe pas une culture française s’inscrit également dans ce registre de belles formules qui fragilisent le sentiment d’appartenance à la France. Bien sûr, Monsieur Macron, qu’il existe une culture française. Celle-ci s’est forgée tout au long de l’histoire en tenant compte d’apports extérieurs bien entendu et se perpétuera de la même manière, en tout cas on peut l’espérer. Mais il s’agit bien d’une culture française. Surtout, le nier revient à fragiliser l’envie de s’identifier à son pays, en particulier pour ceux qui ont d’autres origines. Ne jouons pas avec l’identité nationale pour des effets de manche clientélistes à courte vue. De même, profitant d’une visite à Sarcelles, Emmanuel MACRON ironise sur le fait que Marine LE PEN aurait du mal à être acceptée en ce lieu. Cela appelle deux remarques de ma part. En premier lieu, considérer qu’un candidat à l’élection présidentielle, fusse-t-il du Front National, ne peut pas faire campagne dans un territoire de la République m’attriste plutôt qu’autre chose, sans compter que cela évoque les centaines de zones de non droit dans lesquels il est devenu quasiment impossible d’accéder. En second lieu, c’est oublier que Sarcelles illustre bien la réalité d’une immigration massive qui a vu naître ou se transformer des villes entières ou des quartiers qui présentent une physionomie bien éloignée des territoires français tels que les ont connus les « français de souche ». Ce débat-là me semble plus fondamental. Sans jeter la pierre à ces habitants qui sont venus vivre là où ils ont pu bien souvent, la question est de savoir si la France a vocation à devenir ce melting-pot de communautés diverses ? Et subsidiairement, si le partage de valeurs communes se perpétuera alors pour maintenir une cohésion seule capable de faire sens en matière d’appartenance à un pays.

S’agissant enfin de la mise en cause de Marine LE PEN pour ses propos relatifs à la rafle du Vel d’hiv considérant, comme le Général De Gaulle, que c’est le Gouvernement de Vichy qui devait en être tenu responsable et non la France, il faut là encore, je crois, avoir de la mesure car je conçois à quel point cette question est sensible aux yeux de nos compatriotes de confession juive. Quand Jacques CHIRAC reconnait la responsabilité de « l’Etat français », je considère qu’il aurait fallu préciser l’ « Etat français représenté par le Gouvernement de Vichy ». Je sais bien que cette formule est plus longue et moins communicante mais, sans rentrer ici dans un débat trop long, il est tout de même facile de comprendre que la France d’alors, amputée d’une grande partie de son territoire occupée par les allemands, soumise aux directives d’Hitler, n’ayant plus un fonctionnement véritablement démocratique, dépossédée de son armée,… n’était pas la France avec tous ses attributs de souveraineté. Arrêtons de vouloir tout simplifier au risque de travestir la réalité et d’imprimer dans le cerveau de nos jeunes français une vision déformée de la France. C’est la raison pour laquelle, je le répète, je suis hostile aux lois limitant la liberté d’expression. Il est fondamental que chacun puisse s’exprimer sur tous les sujets, je dis bien tous les sujets, dans les limites bien comprises du respect des idées des autres et des personnes bien entendu. Sinon, on finit par ériger certaines idées en dogmes, comme les dogmes religieux, et on aboutit comme vient de la faire le Canada par exemple à propos de l’Islam à des lois liberticides qui empêchent la libre expression pour débattre de telle ou telle idée et donc aussi de telle ou telle croyance. Va-t-il falloir reconstituer des loges secrètes pour pouvoir discuter librement de tous les sujets, ce qui est tout de même un besoin premier de l’intelligence de l’Homme ?

Voilà, je suis désolé d’avoir allongé ainsi mon propos et, en plus, dans une « synthèse » qui mériterait tant de développements, mais je ne pouvais pas me taire sur ces sujets utilisés de manière outrancière par Emmanuel MACRON et ses soutiens durant cette campagne électorale d’entre-deux-tours. C’est un véritable cri de révolte de ma part et surtout d’exaspération. Parlons des vrais enjeux de notre monde qui n’a vraiment plus rien à voir avec l’Europe des années 1930 / 1940 !

Venons-en maintenant à mon choix !

Avant le débat qui a opposé mercredi soir Marine LE PEN à Emmanuel MACRON, voilà quel aurait été ma réponse (telle que je l’avais rédigée !) :

« Dur dilemme donc en cette veille de second tour des élections présidentielles mais c’est un vrai moment de vérité, pour soi-même, pour notre pays et, désormais, pour notre civilisation. Alors, à 56 ans, et après 40 ans de déception(s), non seulement je voterai Marine LE PEN mais, surtout, je voterai pour qu’elle gagne. Pour que ça change ! Avant qu’il ne soit trop tard… Et pour que ça change, je crois qu’une telle victoire serait un électrochoc qui permettrait à la Droite d’obtenir dans la foulée, en contrecoup, une majorité à l’Assemblée Nationale en s’appuyant sur un programme digne de ce nom pour entamer le redressement de la France dans le cadre d’une cohabitation ! Tel est mon choix, tel sera mon vote. C’est l’heure de vérité. »

Mais après ce débat, j’ai décidé de modifier mon choix.

Et cela justifie à quel point selon moi, comme je l’ai répété à maintes et maintes reprises, le débat est le seul moyen de se faire une opinion juste. J’en profite, une fois n’est pas coutume, pour saluer les journalistes qui ont animé ce débat, Nathalie SAINT-CRICK, qui a réussi de manière tout à fait inhabituelle à ne pas trahir sa préférence en étant tout à fait impartial (mais j’ai appris ensuite que les règles du CSA imposaient une stricte neutralité !), et Christophe JARUBELSKY, même si le pauvre était un peu tétanisé par l’événement (on ne plonge pas dans le grand bain si facilement - j’ai eu une pensée émue pour lui, par solidarité). Il m’est apparu clairement à cette occasion que Marine LE PEN n’avait pas la stature pour devenir Présidente de la République. Oh, je ne lui jette pas la pierre car je trouve en elle les mêmes faiblesses que je me reconnais, à savoir une difficulté évidente à maîtriser ses dossiers pour les assimiler afin de pouvoir les exposer clairement, à moins de les avoir appris par cœur (ce qu’elle n’avait manifestement pas fait). Cette faiblesse en termes de capacités cérébrales en quelque sorte ne retire rien à cette forme d’intelligence qui repose sur d’autres ressorts et je pense que Marine LE PEN n’en manque pas (et j’ai la faiblesse également de considérer que j’ai moi aussi, au-delà de ce genre de faiblesse, une certaine forme d’intelligence… - d’ailleurs, comme l’a avoué Inès de la Fressange dans une interview récente, bien que lisant beaucoup, elle se reconnaissait bien incapable, au contraire des normaliens qu’elle fréquente notamment, de pouvoir citer des phrases de manière spontanée, ce en quoi je me suis parfaitement retrouvé !). Mais un Président de la République doit savoir maîtriser ses dossiers. Le pire passage de ce débat étant d’ailleurs celui portant sur l’économie. Comment peut-on être aussi mal préparé alors que ce sujet est sur la table au Front National depuis… la dernière élection présidentielle ? Une vraie catastrophe, révélatrice de l’état d’impréparation totale de la candidate sur un sujet pourtant si crucial. De plus, cette faiblesse ne lui a pas permis de bien exposer, de manière convaincante, les failles d’Emmanuel MACRON, et notamment ses prises de position et ses soutiens, alors même que Marine LE PEN les a mentionnés, mais cela tombait à l’eau... (ses dossiers étaient manifestement complets mais, encore une fois, un débat ne se résume pas à lire ses fiches). Quand je la compare à Marion MARECHAL – LE PEN, j’avoue que la différence est flagrante. Cette dernière sera à n’en pas douter une voix qui comptera, avec sa fraicheur et ses idées décomplexées malgré le carcan idéologique qui pèse pourtant sur notre société dès le plus jeune âge. Elle incarne clairement le renouveau de la Droite souverainiste. Mais c’est une autre histoire.

Comme vous pouvez l’imaginer, au risque de me répéter, l’affiche qui avait mes faveurs aurait été celle opposant Emmanuel MACRON à François FILLON. François HOLLANDE a trahi son électorat, n’a pas été capable d’être un Président digne de ce nom mais est parvenu par un stratagème aujourd’hui avéré à salir le candidat de la Droite et du Centre. François HOLLANDE aura réussi ce tour de force, en gérant la France comme il a géré le parti socialiste, à envoyer la France vers une cohabitation dès l’origine, voire une crise de régime. Bravo l’artiste. J’ai honte pour lui. Les médias ayant joué un rôle néfaste, en surexposant ces affaires alors qu’ils minimisaient de nombreux dossiers gênants pour Emmanuel MACRON, ils m’apparaissent également responsables de cette situation. Mais puisque ces élections vont créer une recomposition à Gauche avec l’échec cinglant du Parti socialiste, il va bien falloir que cette sortie de route du candidat de la Droite et du Centre crée une recomposition également. Il nous faut donc attendre le résultat des élections législatives en espérant que la Droite l’emporte pour appliquer un programme qui, je l’espère, prendra en compte la détresse des français qui s’est transformée en torrent emportant tout sur son passage.

Cette élection présidentielle est tronquée. Le programme, certaines idées exprimées par Emmanuel MACRON et ses soutiens m’empêchent de voter pour lui. Et quand on parle de l’arrière-boutique nauséabonde du Front National, nous voyons, nous, une devanture de magasin d’ « En Marche ! » peu reluisante, avec, exposées dans la vitrine, toutes les vieilles gloires de la Gauche, du Centre, et de cette pseudo-Droite qui nous a fait tant de mal. Je n’irai pas jusqu’à parler de nauséabond bien entendu mais ce n’est pas très alléchant. Et, malgré toute la bonne volonté d’Emmanuel MACRON, auquel on peut sans doute porter à son crédit la sincérité, je ne vois pas comment il pourrait faire abstraction de cette réalité, et je ne suis pas sûr qu’il ait bien conscience de tous les reproches que l’on peut formuler à son égard. Quant à son éventuelle majorité, je maintiens qu’elle est virtuelle ce qui me conforte dans l’idée que nous aurons très certainement une cohabitation, dans le meilleur des cas, et sinon, des majorités de circonstance qui se formeraient au gré des projets. Mais dans cette dernière hypothèse, on sait bien que c’est dans la rue que se jouerait la politique de la France…

Voilà donc le choix auquel je m’étais par conséquent résolu :

« Dans ces conditions, vous l’avez compris, je voterai Blanc, la mort dans l’âme de ne pas pouvoir choisir pour la première fois de ma vie dans une élection présidentielle. Sachant que la victoire d’Emmanuel MACRON ne fait pas de doute selon les sondages, c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour tenter de faire passer mon message, ma détresse, mon exaspération... Et si cela vous déçoit, remerciez François HOLLANDE ! Mais c’est mon choix… »

Et puis, oui, et puis, je me suis encore ravisé. Quel cas de conscience !

Ce n’est pas possible. Je ne peux pas voter en fonction de sondages. Je ne peux pas voter en comptant sur les autres pour élire le candidat qui me semblerait un moindre mal. Je dois faire un choix en conscience. Selon mon intime conviction, entre ces deux candidats, lequel choisir même si ce n’est pas un choix d’adhésion mais un choix par défaut ? Emmanuel MACRON a forcé le destin et la chance lui a souri de manière insolente, grâce aussi à ses soutiens divers et variés... Malgré mes états d’âme tels que je viens de vous les confier, je vais donc me résoudre non pas à voter pour Emmanuel MACRON mais à déposer un bulletin sur lequel figurera le nom d’Emmanuel MACRON (en fait, appuyer sur un bouton puisque ma commune a institué le vote électronique). Il y a une grande nuance… dans mon esprit en tout cas, car l’intention compte aussi dans le vote. En espérant qu’Emmanuel MACRON se montre digne de la fonction et agisse dans l’intérêt de la France et des français en tant que Président de la République. Mais, compte tenu des nombreuses divergences que je viens d’évoquer, je voterai ensuite sans états d’âme pour envoyer une majorité portée par la Droite et le Centre, espérant ainsi une cohabitation immédiate. Cela n’est pas contradictoire, c’est le jeu des institutions et le lot de cette élection tronquée, en tout cas à mes yeux. Puisse cette majorité porter un projet ambitieux de redressement de la France qui tienne compte des défis à relever, en regardant la vérité en face. Un peu de courage !

C’était donc mon heure de vérité, pour ceux qui ont eu le courage de lire jusqu’à la fin…

 

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 5 mai 2017

 

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