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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

GREXIT OR NOT GREXIT, THAT IS THE QUESTION

4 Juillet 2015 , Rédigé par Patrick CLEMENT

Devant l’avalanche de commentaires, il est difficile de se faufiler pour donner un point de vue original. Cela dit, je ne pense pas que l’originalité soit un but en soi, ce qui compte c’est l’honnêteté du raisonnement. Et, pour une fois, je crois que nous avons eu tous les points de vue.

La Grèce responsable, mais pas coupable en quelque sorte, pourrait-on résumer. Responsable d’avoir triché pour rentrer dans l’euro et d’avoir triché ensuite par son comportement (absence de réforme rigoureuse, délire de dépenses publiques, courte échelle entre les politiques et les citoyens pour profiter de la « dolce vita », mensonges…). Mais en même temps, pas coupable, tant les institutions européennes, voire certains Etats européens, ont fermé les yeux au moment de l’entrée dans l’euro et par la suite.

Quoi qu’il en soit, les efforts engagés, qui commençaient pourtant à porter leurs fruits semble-t-il, ont été interrompus par un choix démocratique en faveur d’un parti d’extrême gauche. Alexis TSIPRAS, leur leader, a décidé de recourir au vote c’est-à-dire à un referendum pour savoir si les grecs acceptaient ou non le plan de réformes qui leur était proposé par leurs créanciers pour pouvoir honorer leurs dettes et rester dans l’euro. Soit dit en passant, il est probable que ce choix ait été fait pour conforter sa propre position face aux créanciers en s’honorant d’avoir le soutien de peuple. Pourquoi pas, mais cela me fait penser à une famille endettée qui ferait voter les membres de sa famille afin d’aller discuter du remboursement de leur emprunt auprès de la banque. Que le peuple le veuille ou non, leur pays est endetté et doit donc se mettre en situation de rembourser sa dette, nonobstant les aménagements que l’on peut imaginer ici ou là.

En tout cas, les institutions européennes, que je ne porte pas particulièrement dans mon cœur pour leur dérive technocratique avérée dans de nombreux domaines, sont ici dans leur rôle en défendant le remboursement de dettes qui nous concernent directement ou indirectement. Mais je considère que les dirigeants grecs, élus démocratiquement, sont aussi dans leur rôle en sollicitant le peuple pour savoir si les grecs veulent ou non rester dans la zone euro, pour autant que la question posée le soit clairement pour comprendre l’enjeu du referendum.

Pour ma part, je me sens bien incapable de savoir s’il vaut mieux sur le plan économique que la Grèce sorte ou non de l’euro. Par contre, ce dont je suis sûr, c’est qu’elle devra de toute façon faire de gros efforts et donc les réformes structurelles qui lui sont demandées, à un rythme déterminé. Ce sont des réformes de bon sens (retraites, impôts, cadastre,…). Pour le reste, comme cela a été rappelé, la Grèce en sortant de l’euro ne sortira pas de l’Union européenne même si sa situation européenne en sera considérablement changée. Mais à la limite, si c’est pour mieux revenir plus tard… Par contre, cela peut avoir le mérite de monter que l’on peut sortir de l’euro sans que cela soit un drame. Et que cela peut même être considéré comme un atout prouvant l’adaptabilité du système.

En conclusion, je dirais aux grecs de bien réfléchir aux enjeux car, quel que soit le résultat du vote, les efforts seront devant eux. Dans un cas, avec un soutien financier direct des pays de la zone euro, dans l’autre avec toujours le soutien de l’Union européenne mais de manière sans doute moins engageante de sa part.

« Faîtes le bon choix » aurait dit un ancien Président de la République française avec son accent inimitable ! Quant à moi, « je suis Angela Merkel », c’est-à-dire que si les grecs acceptent de faire les efforts nécessaires pour moderniser leur pays, alors, qu’ils restent dans l’euro sinon…

Patrick CLEMENT

Boulogne, Le 4 juillet 2015

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