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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

JE CONFIRME QUE « LA LIBERTE EST PLUS EXIGEANTE QUE LA CONTRAINTE »

26 Octobre 2014 , Rédigé par Patrick CLEMENT

Cette belle sentence dont je m’attribue la paternité me semble bien correspondre à notre époque. Mais voulons-nous vraiment de cette liberté ? En matière spirituelle et en matière politique, ne refusons-nous pas cette liberté que nous craignons peut-être, tant la contrainte peut justement constituer une sorte de confort, même de réconfort.

Expliquons-nous !

Nous voyons qu’au sein de la religion catholique de grandes questions assaillent nos évêques dans le cadre du synode sur la famille, commenté à profusion ces derniers jours. Evidemment, nos chers medias n’ont pas manqué l’occasion, pour la plupart d’entre eux, de reprendre leur approche binaire, voire manichéenne, sur cette question. Les méchants conservateurs refusent toute évolution concernant notamment les divorcés et les homosexuels, tandis que les gentils progressistes tentent d’épouser leur temps et l’opinion…

Loin de moi l’idée de m’engager de nouveau dans ce débat. Non, je voudrais juste en rappeler l’essence que certains commentateurs oublient ou font semblant d’oublier. Les évêques abordent ce débat non pas comme n’importe quel individu mais en fonction de leur foi. C’est-à-dire de la croyance en Jésus, fils de Dieu, dont les paroles sont rapportées dans les Evangiles. Et, de manière complémentaire, en se référant aux Pères de l’Eglise qui ont « clarifié » les dogmes qui prévaudraient ensuite dans la religion catholique.

Et voilà le problème. Comment concilier des affirmations gravées dans le marbre des Evangiles et des évolutions constatées dans nos mœurs. Bigre, ce n’est pas facile. Il en va de même, à une autre échelle, pour tout croyant, a fortiori pratiquant, qui se trouve confronté à ce choc. A quel Saint se vouer ? Vous me direz qu’il peut se fier à ce que décidera le Pape. Certes, mais n’est-ce pas là la meilleure façon de corseter sa capacité de raisonnement, constitutive de sa liberté de pensée, et donc de sa liberté ?

Et nous y voilà. C’est évident mais cela fait du bien de le rappeler. La foi dans la religion catholique est synonyme de restriction de liberté au sens où l’on pose comme hypothèses de départ dans son raisonnement les vérités révélées dans les Evangiles. Autant dire que l’on peut étendre cette conclusion à toute religion. Et parfois, dans des proportions encore plus contraignantes lorsque la vérité est sensée avoir été délivrée à un homme qui l’a consignée dans des écrits, comme c’est le cas dans la religion musulmane.

Cette confrontation entre le Spirituel et le Temporel, que nous pensions avoir résolu par l’application du principe de laïcité, lequel traduisait en quelque sorte la parole attribuée à Jésus, « Rendez à César ce qui est à César », retrouve toute sa puissance de nos jours. De manière violente dans le cadre de la religion musulmane, mais après tout la lecture de certaines sourates témoigne de cette violence. Ou de manière plus circonscrite aux conséquences de la pratique d’une religion, comme on l’a vu ici avec le synode.

Mais je dirais qu’en matière politique, il en va de même. En tout cas, il peut en aller de même. Et quand Manuel VALLS appelle avec raison à en finir avec l’idéologie et pose même la question d’un changement de nom du Parti socialiste, il ne fait après tout que revendiquer cette soif de liberté qui devrait tous nous animer dans la Cité.

Eh oui, lorsque l’adhésion à un parti politique revient à s’enfermer dans des dogmes que l’on s’impose et qui bride toute réflexion car ce sont des postulats de départ contraignants pour tout raisonnement, alors la liberté est menacée. Et ceux qui, volontairement, s’enferment dans une telle contrainte témoignent d’une volonté de brider leur liberté et de s’en remettre, par confort, aux décisions des autres. En l’occurrence des dirigeants de leur parti politique.

Là encore, l’enjeu est d’ouvrir l’espace du débat pour pouvoir s’affranchir des contraintes que les uns et les autres s’imposent volontairement, en matière religieuse comme en matière politique.

Et je pensais que notre République devait représenter cet espace de liberté, de discussion, libre. Me suis-je trompé ? M’a-t-on trompé ? Nous a-t-on trompés ?

Je vous laisse juge.

Pour ma part, j’aime l’exigence d’une liberté qui m’oblige à assumer ma pensée et mes actes.

Et vous ?

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 26 octobre 2014

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