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ALLIANCE REPUBLICAINE DE PROGRES

JESUS… ET NOUS !

21 Avril 2014 , Rédigé par Patrick CLEMENT

Pâques ! Jésus est ressuscité voilà environ 2 000 ans nous annoncent les évangiles. Ce que nous savons tous, c’est qu’un homme a donné sa vie pour tous les hommes sur terre, pour leur salut, afin qu’ils croient en Dieu. Dans ces multiples sermons, Jésus a transmis un message de paix, d’amour et de compassion envers les autres. L’Eglise, c’est-à-dire dans un premier temps ses apôtres, puis ensuite les pères de l’Eglise, ont façonné ce qui allait devenir une des plus grandes religions du monde par le nombre de fidèles.

Alors, puisque ces quarante jours qui s’ouvrent à nous permettent selon les chrétiens de se remémorer la résurrection de Jésus avant son ascension vers le ciel, et donc sa disparition "définitive"... de la terre, tentons de nous interroger sur le monde dans lequel nous vivons et pour lequel cet homme a fait le sacrifice volontaire de sa vie, pour nous.

Et que voyons-nous ?

Un monde toujours façonné à l’aune des plus belles qualités de l’homme et de ses pires défauts. Un monde plongé dans la lutte entre le bien et le mal. Un monde dans lequel s’ébauche une pensée universelle pour tenter de tracer les lignes d’horizon de l’humanité, contrariée dans les faits par des hommes soumis à leurs tentations séculaires du pouvoir, du sexe et de l’argent. Ce monde, vous le connaissez, et je n’ai pas la prétention de vous le décrire mieux que vous.

Alors, sacrifice inutile ?

Personnellement, non, je ne le crois pas. Lorsque l’on remonte aux sources, telles qu’elles nous sont livrées en tout cas par les textes et les exégètes bibliques, ce beau message d’espoir délivré par Jésus a permis à des générations et des générations d’accepter leur sort et de lutter pour leur avenir. Evidemment, tout comme l’avait d’ailleurs dénoncé Jésus en son temps vis-à-vis de sa religion juive, reflet des faiblesses et des ambitions humaines, la religion chrétienne, ce qui serait en principe sa religion aujourd’hui…, n’est pas exempte de défauts et a suscité dans le passé les pires déchainements de passion, à l’opposé pourtant du message délivré par Jésus. Ce monde d’aujourd’hui n’échappe pas finalement à cette logique des imperfections humaines. Le pourrait-il d’ailleurs ?

Mais comment recevoir aujourd’hui ce sacrifice ?

Que l’on soit croyant ou non, Jésus nous a montré un chemin. Libre à nous de le recevoir dans sa forme brute, ses sermons, ou dans sa forme religieuse, en adhérant à une communauté respectueuse de dogmes établis par la suite. Ce chemin constitue selon moi une philosophie de vie que l’on peut d’ailleurs, sacrilège pour certains !, dégager de son emprunte religieuse juive de l’époque pour en conserver les fondamentaux. Mais n'est-ce pas ce qu'a fait l'Eglise après tout...

Je mets quant à moi sur le même plan Jésus, et son message, avec un certain nombre de philosophies, orientales notamment, qui délivrent un enseignement universel sur le sens de la vie. Et il est vrai que dans ce panorama, l’Islam constitue une tâche noire pour moi tant le parcours et la personnalité de Mahomet, et ce Coran qui règle de manière infantilisante tous les moments de la vie, constituent un anachronisme au milieu de philosophies qui tendent à élever l’âme. C’est en tout cas mon opinion. Et je souhaiterais que les musulmans s’en rendent compte par eux-mêmes et trouvent un autre chemin qui mène vers Dieu si tant est que cela soit leur destination attendue…

Mais revenons à Jésus. Quel bilan ferait-il de ces quelque deux mille ans qui nous séparent de son témoignage ? Le chemin est encore long… se dirait-il sans doute !

Peut-être souhaiterait-il également rappeler un message mal compris. Tout comme il s’en était pris notamment aux pharisiens plus attachés au texte, et au rituel, qu’à l’esprit de la foi, je me demande si Jésus ne s’en prendrait pas aujourd’hui à ces chrétiens, et en particulier ces catholiques, qui affichent leur foi comme une vitrine sans en entretenir réellement la chaleur et la profondeur dans leur âme. Merci au pape François de l'avoir rappelé...

Pourtant, un catholique, en choisissant de se présenter comme tel, endosse une double responsabilité dans la société humaine. D’une part, celle qui relève de sa conscience d’individu, égale en cela à tout autre être humain, mais aussi, d’autre part, celle qui relève de sa foi et donc de l’image qu’il incarne en affichant cette foi au regard des autres. En d’autres termes, un catholique se devra d’être exemplaire pour témoigner de la réalité de sa foi et, finalement, de sa véracité.

Ce n’est pas nouveau, mais je crois que, trop souvent, certains catholiques s’abritent derrière leur foi pour se permettre des comportements peu chrétiens. Il est vrai que la communion permet l’absolution des péchés… Du passé faisons table rase le dimanche pour repartir comme si de rien n’était le lundi ! Non, nous sommes redevables de nos actes, de tous nos actes, quelles que soient les religions. Et le pardon n’est pas l’oubli, mais l’encouragement à s’améliorer à condition, à condition dis-je, que cela procède d’un comportement intérieur honnête. Alors, à bon entendeur salut, catholiques de tous les pays, reconnaissez-vous…, pour ceux qui ont ainsi péché par facilité dans la promesse de l’absolution.

Et que toutes les enceintes qui s’abritent derrière l’oriflamme de la foi veuillent bien s’engager dans une démarche d’introspection. Ecole catholique plus motivée par les quotas de réussite que par la bienveillance due à leurs élèves pour les accompagner jusqu’au bout dans leur parcours, association chrétienne d’aide à la recherche d’emploi plus imprégnée de pharisianisme que d’écoute pour répondre à la détresse de ceux qui ont frappé à la porte, ou tout simplement, catholiques de tous les jours qui, dans leur parcours professionnel ou personnel, s’écartent par leurs actes ou leurs paroles de la voie dans laquelle ils sont sensés s’être engagés,…

Il reste encore du chemin à parcourir, pour nous tous, catholiques ou non, chrétiens de manière générale, ou non, tous autant que nous sommes.

Alors, que ce moment symbolique de la résurrection de Jésus soit pour nous tous l’occasion d’une conversion intérieure de notre âme pour tendre vers le meilleur, et vaincre le pire…

Patrick CLEMENT

Boulogne, le 21 avril 2014

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